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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 00:00

Avertissement :

 

 

Citoyens, Compatriotes, Chers lecteurs,

 

Etant indisponible pour de longues semaines, le Citoyen Darthé-Payan, le Jacobin, nous a sollicités pour la publication de ce billet (qui était déjà préparé depuis plusieurs jours) et pour que nous participions à l'animation de son blog durant son absence afin que cet outil de communication et d'éducation populaire ne périclite pas.

 

Nous avons accepté et nous essaierons de publier régulièrement des articles et notes toujours dans l'esprit républicain jacobin de Darthé-Payan.

 

 

Darthé-Payan et nous trois vous remercient par avance de votre soutien, de votre venue et de votre participation à la vie et la diffusion des idées républicaines socialistes et jacobines présentes et proposées sur ce blog.

 

 

Salut et Fraternité.

 

Gilles, Philippe et Sonia.

 

 

 

________________________________

 

 

 

 

 

Par  Darthé-Payan

 

                                     

 

 

En ce 20 janvier 1793 ,il y a 218 ans, était assassiné le Député Montagnard et Jacobin, Michel LE PELETIER par un monarchiste nommé Pâris.

 

 

Louis Michel le Peletier de Saint-Fargeau (1760-1793), French politician.jpg

 

 

Michel LE PELETIER fût  Juriste,  Avocat, Conseiller auprès du Parlement de Paris, puis Avocat général. Il était issue de la noblesse. En tant qu'élut à la Constituante puis à la Convention, il sera un ardent défenseur du peuple citoyen et souverain. Dès le début de la Révolution, il est partisan des idées nouvelles et démocratiques, adversaire de la peine de mort et grand défenseur de la liberté de la presse.

 

 

Il s'intéressera aux questions d'instruction et d'éducation comme à la promotion des arts. Michel Lepeletier voulait éduquer le peuple.

 

Cet humaniste républicain  épris des Lumières, deviendra Président de l'Assemblée nationale constituante le 21 juin 1790. Membre du Comité d'Instruction publique, il travailla à un projet d'Education nationale bien que ce dernier ne retiendra guère les faveurs des autres parlementaires.

 

Il vota la mort du Roi et ce 20 janvier 1793, (la veille de l'exécution de Louis Capet) il est assassiné par Pâris, un ancien garde du corps de Louis XVI.

 

Ce fût une perte inestimable pour la Convention, pour les Jacobins et pour la République naissante.

 

 

 

 

 

 

 

Robespierre, devenu deux jours auparavant, membre du Comité de Salut Public, présentera et soutiendra à la convention le projet d'Education nationale de son ami Michel Lepeletier.

 

 

 

 

 

Ce projet audacieux et républicain fut en grande partie réalisé plus d'un siècle plus tard par le Républicain Jules Ferry.

 

 

Le projet d'Education nationale de Lepeletier par ces objectifs, ces missions, par l'apparition des programmes d'instruction publique semble être  d'une totale actualité et modernité. Ce projet d'école républicaine, institutionnelle publique, d'instruction publique, d'éducation nationale obligatoire et égale pour tous était un projet émancipateur et de progrès social et  humain.

 

 

A l'heure où la gauche comme la droite démantèle l'école de la République et ses missions fondamentales d'instruction, de transmissions des savoirs et d'éducation citoyenne et bien il grand temps que les Républicains socialistes et Jacobins se saisissent de l'école de la république et de ses missions et se réapproprient l'idéal républicain de Lepeletier, de Robespierre et de Jules Ferry.

 

Pour finir, je vous fais partager un court extrait du rapport de Lepeletier présenté et soutenu par Robespierre à la Convention le 29 juillet 1793.

 

Bonne lecture, bonne réflexion à toutes et tous.

 

Salut et Fraternité. 

 

 

D-P.

 

 

 

 

____________

 

 

 

 

ROBESPIERRE & LEPELETIER DE SAINT FARGEAU

 

 

 

Extraits du Plan d’éducation nationale rédigé par Michel Lepeletier , présenté et défendu par Robespierre à la Convention

 

29 juillet 1793

 

 

De l’instruction publique à l’éducation nationale

 

Ce qui a été dit jusqu’ici ne remplit pas l’idée que je me suis formée d’un plan complet d’éducation. J’ai osé concevoir une plus vaste pensée ; & considérant à quel point l’espèce humaine est dégradée par le vice de notre ancien système social, je me suis convaincu de la nécessité d’opérer une entière régénération &, si je peux m’exprimer ainsi, de créer un nouveau peuple.

 

Former des hommes, propager les connaissances humaines ; telles sont les deux parties du problème que nous avons à résoudre. La première constitue l’éducation ; la seconde, l’instruction. Quant à l’une, le comité s’en est occupé & il vous a présenté des vues utiles. Pour l’autre, il l’a entièrement négligée. En un mot, son plan d’instruction publique me paraît fort satisfaisant ; mais il n’a point traité l’éducation.

 

Tout le système du comité porte sur cette base, l’établissement de quatre degrés d’enseignement, savoir : les écoles primaires, les écoles secondaires, les instituts, les lycées. [...] Mais avant les trois degrés supérieurs, qui ne peuvent devenir utile qu’à un petit nombre d’hommes, je cherche une instruction générale pour tous, convenable aux besoins de tous, qui est la dette de la République envers tous ; en un mot, une éducation vraiment & universellement nationale ; & j’avoue que le premier degré que le comité vous propose, sous le nom d’école primaires, me semble bien éloigné de présenter tous ces avantages.

 

D’abord je remarque avec peine que jusqu’à 6 ans l’enfant échappe à la vigilance du législateur & que cette portion importante de la vie reste abandonnée aux préjugés subsistants & à la merci des vieilles erreurs. A 6 ans, la loi commence à exercer son influence : mais cette influence n’est que partielle, momentanée ; & par la nature même des choses elle ne peut agir que sur le moindre nombre des individus qui composent la nation.

 

La plus grave inégalité va s’établir à raison des diverses facultés des parents : & ici les personnes aisées, c’est-à-dire le plus petit nombre, ont tout l’avantage. Quiconque peut se passer du travail de son enfant pour le nourrir a la facilité de le tenir aux écoles tous les jours & plusieurs heures chaque jour. Mais quant à la classe indigente, comment fera-telle  ? Cet enfant pauvre, vous lui offrez bien l’instruction ; mais avant, il lui faut du pain. Son père laborieux s’en prive d’un morceau pour le lui donner ; mais il faut que l’enfant gagne l’autre. Son temps est enchaîné au travail, car au travail est enchaînée la subsistance.

 

Après avoir passé aux champs une journée pénible, voulez-vous que, pour repos, il s’en aille à l’école, éloignée peut-être d’une demi-lieue de son domicile ? Vainement vous établiriez une loi coercitive contre le père ; celui-ci ne saurait se passer journellement du travail d’un enfant qui, à 8, 9 & 10 ans, gagne déjà quelque chose. Un petit nombre d’heures par semaine, voilà tout ce qu’il peut sacrifier. Ainsi, l’établissement des écoles, telles qu’on les propose, ne sera, à proprement parler, bien profitable qu’au petit nombre de citoyens [...]

 

Nous devons fonder une éducation vraiment nationale, vraiment républicaine, également & efficacement commune à tous, la seule capable de régénérer l’espèce humaine, soit pour les dons physiques, soit pour le caractère moral ; en un mot, cette loi est l’établissement de l’institution publique. Consacrons-en le salutaire principe ; mais sachons y apporter les modifications que l’état actuel des esprits & l’intérêt industriel de la République peuvent rendre nécessaire. [...]

 

L’invention des programmes

 

J’ai adopté un moyen que je crois très efficace, pour donner à nos établissements d’institution publique la perfection dont ils sont susceptibles. C’est de publier des programmes. Dans mon projet de décret je vous en présente l’aperçu. Il m’a semblé facile de diviser les différents éléments dont l’ensemble complète notre cours d’éducation. les uns concernent la formation de l’être physique ; les autres ont rapport à la formation de l’être moral. Sur chacun de ces programmes, les citoyens seront invités à travailler & à concourir. [...]

 

Extraits du Projet de Décret sur l’Education Nationale présenté par le citoyen Robespierre

 

Art. I. Tous les enfants seront élevés aux dépens de la République, depuis l’âge de cinq ans jusqu’à douze pour les garçons, & depuis cinq ans jusqu’à onze pour les filles.

 

II. L’éducation nationale sera égale pour tous ; tous recevront même nourriture, mêmes vêtements, même instruction, mêmes soins.

 

III. L’éducation nationale étant la dette de la République envers tous, tous les enfants ont droit de la recevoir, & les parents ne pourront se soustraire à l’obligation de les faire jouir de ses avantages. [...]

 

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commentaires

Jacques Fromentin 20/01/2011 19:11


Salut et Fraternité

Excellent article de l'ami Darthé-Payan qui nous remémore l'Histoire avec un grand H celle de la Révolution française et des Jacobins.

Lepeletier était un précurseur du genre humain. Un grand humanisme qui voulait que le peuple de son pays soit instruit.

Tous mes voeux de bon rétablissement à toi Darthé-Payan et en espèrant te lire de nouveau. Pendant ta convalescence, tu confies à une bonne équipe républicaine et jacobine la permanence de ton blog
! Excellente iddée !

Salut fraternel.

Jacques


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