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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 15:19

Par Manifeste Jacobin.

 

Mardi 7 septembre 2010, sera une journée cruciale pour notre pays, pour notre république.

 

Une journée d'action de vaste ampleur aura lieu pour refuser le projet de réforme des retraites qui sera présenté par le Gouvernement Fillon et le Ministre Woerth à l'Assemblée nationale.

 

Si ce projet est votée c'en sera fini de la retraite à 60 ans à taux plein.

 

Nous républicains et jacobins, nous citoyens, nous refusons ce funeste projet qui met à mal l'une des conquêtes du mouvement des travailleurs depuis plus d'un siècle et qui est aussi une conquête de la Libération issue du Programme du CNR,  qu'est la retraite.  Cette retraite est un salaire différé pour chaque salarié. Cette retraite, comme le disait Jean-Jaurès - est aussi  la propriété de ceux qui n'ont rien ! Oui la retraite est un bien commun , un bien public à sauvegarder, à améliorer, à étendre et aussi à rendre plus juste.

 

Nous exigeons le retrait de ce projet de loi.

 

Nous appelons l'ensemble des républicains socialistes et jacobins, l'ensemble des citoyens à participer à la journée d'action du 07 septembre  2010 en faisant grève et en participant aux différentes manifestations.

 

ENSEMBLE, TOUS ENSEMBLE, EXIGEONS LE RETRAIT DU PROJET DE REFORME DES RETRAITES !

 

VIVE LA RETRAITE A 60 ANS ! VIVE LA REPUBLIQUE ! VIVE LA FRANCE !

 

 

MJ-PRS

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 15:06

Par Darthé-Payan

 

Les Républicains Socialistes et Jacobins passent à la vitesse supérieure et vous offrent l'ouverture ce jour d'un Forum Républicains Jacobins.

 

Le Forum est disponible au lien suivant :

 

 http://republicain-jacobin.forumgratuit.fr/votre-1er-forum-f1/

 

Citoyens,  je vous invite à le consulter, à vous inscrire, à le faire vivre et à le faire source d’inspiration, de proposition et de débats féconds. Notre projet politique : La République sociale, jacobine, laïque, patriotique, internationaliste et universaliste. Proposer dès maintenant les convergences pour un sursaut, une alternative républicaine de salut public et réaliser le socialisme du XXLème siècle.

 

D’avance merci.

 

Salut et Fraternité.

 

D-P.  

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 23:01

 

 

Par Darthé-Payan

 

Le 26 août 1789, la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen fut votée par l'Assemblée nationale constituante pose les principes de la société, l'homme et le citoyen bases de la nouvelle légitimité. Il est clair que chaque article est une condamnation des institutions et des pratiques de l'Ancien Régime.

 

« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ». La Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen légitime la rébellion des députés contre la monarchie en déclarant droit imprescriptible de l’Homme, la « résistance à l’oppression ». Elle s'appuie donc sur le processus révolutionnaire.

 

Cette déclaration est fondatrice de nouveaux principes tels que celui de la Citoyenneté et aussi celui de l'Universalité. En s'adressant, également, à l'ensemble des nations et des peuples, elle grave dans le marbre l'inviolabilité des droits naturels. Ces droits inaliénables que sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. Le principe d'égalité des droits et des devoirs y est affirmé par rapport à l'expression politique et au fonctionnement des pouvoirs.

 

L'Homme n'est plus simplement une personne humaine mais un citoyen qui a un droit de regard ou d'intervention sur les affaires de la cité et peut concourir à l'élaboration ou à la formation de la loi qui est l'expression de la volonté générale.

  

Je termine ma note en vous proposant la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et je mets au bas du présent billet, les liens de textes qui s'inspire de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen à savoir :

  • Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen dite « Montagnarde » du 24 Juin 1793 ;

  • Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen du 10 décembre 1948 ;

  • Constitution du 24 juin 1793 sous la Première République ;

  • Constitution du 27 octobre 1946 fondant la Quatrième République ;

  • Constitution du 4 octobre 1958 fondant la Cinquième République.

Bonne lecture.

 

Salut et Fraternité.

 

D-P.

__________________________________________________________________

 

 

26 août 1789 – Le Texte de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

 

Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

 

En conséquence, l'Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l'Être Suprême, les droits suivants de l'homme et du citoyen.

 

Article premier - Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.

 

Article 2 - Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.

 

Article 3 - Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.

 

Article 4 - La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi.

 

Article 5 - La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas.

 

Article 6 - La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

 

Article 7 - Nul homme ne peut être accusé, arrêté ou détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu'elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant ; il se rend coupable par la résistance.

 

Article 8 - La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

 

Article 9 - Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.

 

Article 10 - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi.

 

Article 11 - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Article 12 - La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.

 

Article 13 - Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens, en raison de leurs facultés.

 

Article 14 - Les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.

 

Article 15 - La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.

 

Article 16 - Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.

 

Article 17 - La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.



Quelques liens pour continuer l'étude, le débat républicain et jacobin.

 

Sur la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen dite « Montagnarde ».du 24 Juin 1793 ;

http://mjp.univ-perp.fr/france/co1793.htm

 

Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen du 10 décembre 1948;

 

http://www.un.org/fr/events/humanrightsday/udhr60/

 

Sur la Constitution du 24 juin 1793 (dite de l'An I) sous la Première République ;

 

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/constitutions/constitution-de-1793-an1.asp

 

Sur la Constitution du 27 octobre 1946 fondant la Quatrième République ;

 

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-constitutions-de-la-france/constitution-de-1946-ive-republique.5109.html

 

Sur la constitution du 4 octobre 1958 fondant la Cinquième République.

 

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/la-constitution-du-4-octobre-1958.5071.html



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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 15:46

Par Darthé-Payan

 

Le Général Pierre Marie Gallois vient de s'éteindre  Le 29 juin dernier il venait d'avoir 99 ans. 

 

 

Ce militaire de haut rang, Général de l'Armée de l'Air, grand spécialiste de l'aéronautique et de la force du dissuasion nucléaire et de la stratégie militaire et géopolitique apportera beaucoup à la France.

 

Il est affecté en 1939, à l'état-major de la 5ème région aérienne à Alger. Combattant de la Liberté et du retour de la Souveraineté de notre pays,  il rejoint  en 1943, la Grande Bretagne et s'engage  dans les forces aériennes alliées. Il est membre d'un équipage de bombardiers lourds du Commandement des Bombarbiers de la Royal Air Force. Il participe aux attaques aériennes du potentiel industriel et des infrastructures de l'ennemi Allemand jusqu'en mars 1945.

 

Après la Libération, il est détaché à l'aviation civile.

 

En 1948, il rejoint son arme  pour être affecté au cabinet du chef de l'État-Major de l'Armée de l'Air où il se consacrera aux questions d'études des armements aériens et des différents plans de fabrication. Il sera l'instigateur edu premier plan quinquenal de constructions aéronautiques voté par les deux Chambres du Parlement et qui fera de notre pays un grand dans le domaine de l'aéronautique.

 

Il sera conseiller dans  plusieurs cabinets militaires comme il sera conseiller dans différents ministères de la Défense sous Mendès-France et sous le Général de Gaulle.

 

Son travail en faveur du développement de l'Aéronautique française, de la force nucléaire de dissuasion fera de notre pays un grand pays industriel dans l'aéronautique et un grand pays indépendant, souverain dans le domaine militaire.

 

Pierre Gallois, Général républicain et humaniste, patriote, promoteur de l'indépendance et de la souveraineté de notre pays républicain, issue de la Grande Révolution Française et des Lumières, sera aussi un instructeur, un enseignant tant en France qu'un peu partout dans le monde. Ecrivain prolifique, auteur d'une multitude d'ouvrage de géopolitique.

 

le Général Gallois engagera l'un de ses derniers combats politiques en faveur du Non lors du referendum du 29 mai 2005.

 

Louis Gallois rédigera et publiera (en collaboration), en 2007, un Manifeste pour l'Europe des Peuples. Il tenait, très à coeur, la souveraineté du peuple comme la souveraineté des Etats-Nations. Il n'acceptait pas les ravages de l'Europe supranationale.

 

Adieu Citoyen Louis Marie Gallois, Général républicain et humaniste, vous avez  su  mériter de la Patrie. La Patrie républicaine s'honnorera de vous rendre les honneurs que vous méritez, gauche et droite confondues.

 

D-P.

 

 

Complément ;

 

Je mets le lien de Voltaire République qui rend hommage au Général Gallois :

 

http://voltaire.republique.over-blog.com/article-un-grand-republicain-s-en-va-55871603.html

 

Egalement  je joins le lien qui permet d'atteindre le site du Forum pour la France qu'animait notamment le Général Gallois :

 

http://www.forumpourlafrance.org/spip/

 

 

 

Celui de Jean-Pierre Chevènement qui rend hommage au Général Gallois :

http://www.chevenement.fr/Reaction-de-Jean-Pierre-Chevenement-au-deces-du-general-Pierre-Marie-Gallois_a992.html

 

________________________________________

 

 

A l'attention des amis et partisans du Général Gallois et aussi à l'attention des citoyens qui viennent  consulter mon blog.

 

Je tiens à présenter toutes mes excuses pour le lien oublié qui permet d'atteindre le forum pour la France qu'animait le Général Gallois.

 

J'ai rétabli les choses en l'intégrant ci-dessus.

 

Encore mille excuses pour cet oublie et merci de votre venue et votre participation.

 

Salut et Fraternité.

 

D-P.

 

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 15:36

Par Darthé-Payan

 

 

L'évolution du PG, mon parti, sur la question du nucléaire est le signe que le Parti de Gauche se comporte comme un vulgaire parti écologiste et libertarien. Si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas émis sur "l'affaire de loi contre le voile intégral" un son de cloche républicain et laïque et bien rien ne différencierait le PG de Europe Ecologie.

 

Sur le nucléaire, le PG, ne fournit aucun argument sérieux, approfondi. Son propos se résume à : "Il faut sortir du nucléaire il en a va de l'avenir de la planète, du climat , de l'écosystème". La bla bla rangaine habituel de la gauche libertarienne (du NPA, Alternatifs, PG, EE...) bien pensante.

 

On remplace le nucléaire par quoi ? Mystère ! Un peu de géothermie, du solaire, des éoliennes (pardon pour ces dernières qui ne sont plus en odeur de sainteté (dans la sainte église écolo) et qui défigurent le paysage, qui font du bruit, qui trouble les petits oiseaux et leur empêchent de retrouver leur nid, sans parler de l'alliage qui les compose etc..). Bonjour, l'indépendance et la souveraineté énergétique déjà pas ou mal assurée avec le nucléaire dans l'électricité ! Que vont-ils raconter les dirigeants et militants du PG aux Electriciens d'Edf, aux ouvriers, techniciens et ingénieurs de Aréva, du commissariat atomique lorsque sur dogme idéologique il faudra les "lourder" de leur poste de travail et qu'ils seront par milliers chômeurs ?

 

Et les ouvriers et techniciens de l'automobile vont être enchantés de la doctrine fumante du PG sur les véhicules électriques ou hybrides (alors que l'on va supprimer le nucléaire !) ou bio ou au lithium ? Combien de chômeurs en perspectives ?

 

Il faut régulièrement des reconversions économiques, technologiques, d'infrastructures sinon on ne peut affronter les évolutions des techniques et des technologies, de la concurrence des nouveaux produits ou des entreprises innovantes mais là on nous propose la reconversion régressive. La seconde après l'abandon de l'industrie lourde et minière. En fin de compte ce programme de régression n'est possible qu'en instituant la décroissance et donc le ralentissement voire la baisse de l'investissement, de la production, de la consommation, du partage, de la redistribution. Au final combien de chômeurs et déficits supplémentaires ?

 

Et l'agriculture vue que sous l'angle de la pollution, de l'intensivité des productions et du côté bouffeur de subventions européennes. C'est vrai que la gauche ne s'est jamais intéressée à l'agriculture. Il est loin le temps de Jaurès le Paysan...

 

Pour ce qui est de  la classe ouvrière et bien elle continuera d'être oubliée, d'être abandonnée (après avoir été trahie) par la gauche y compris la gauche radicale (qui est radicale que par son appellation et par ses propos verbeux), manipulée et méprisée par la droite et continuera soit à s'abstenir soit à se réfugier dans les bras du FN au grand plaisir du pére et de la fille.

 

Rien de nouveau sous le ciel de la gauche radicale comme sous le ciel de la gauche domestiquée (PS et EE). En plus ils se disent révolutionnaires !

 

 

 

Sur l'Europe, le camarade Mélenchon ne veut pas casser l'Europe et donc il est inenvisageable de mettre en perspective la sortie (rupture) de notre pays de l'UE, la BCE, le GMT et retrouver la souveraineté nationale et populaire.

 

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas casser l'UE et bien accepte t-il (vu qu'il ne veut pas casser l'Europe et donc préfére que la France  reste dans l'Europe) que l'UE casse encore et toujours et toujours plus la France, notre patrie républicaine, sa souveraineté, son économie, ses droits sociaux, ses services publics, sa protection sociale et que tout cela soient nivelés par le bas ?

 

Le Mélenchon d'aujourd'hui ne parle même plus du GMT qui entre en application le 1er janvier 2015. Pourquoi ?

 

L'entrée des écolos de gauche, ces libertariens ont carrément fait du PG, au départ républicain et socialiste, un nouveau PSU écologisé !

 

Au lieu de se saisir de la question sociétale et de la question écologique à tout heure, à tout moment et pour toute raison, JLM et le PG aurait mieux fait de se saisir de la question républicaine (liberté, égalité, fraternité, unité et indivisibilité de la République, laïcité, intérêt général, souveraineté, continuité, universalité....), de la question nationale (face à l'Europe et au capitalisme transnational et apatride), de la question de la sécurité et de l'ordre public, de la question de la rupture avec le système capitalisme et le libre échange. Bref, il aurait mieux fait de parler à la classe ouvrière, à la classe paysanne, aux artisans et commerçants, aux producteurs qu'aux classes moyennes et la petite bourgeoisie bavardantes urbaines et péri-urbaines. Le PG a dérivé, muté et aujourd'hui - sous contrôle écolo de gauche - n'est plus l'ombre que de lui même. Une suite à la PSU et sans doute la plus probable. Jean-Luc Mélenchon ou autre dirigeant finissant ministre (comme Bouchardeau dans le gouvernement de la gauche en 1983) dans un gouvernement de la gauche domestiquée, communautariste, libérale-écolo et européiste dirigé par Martine Aubry, ou bien Dominique Strauss Khan ou bien encore François Hollande, Emmanuel Valls, Ségolène Royal, Bertrand Delanoe, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Benoît Hamon, Eva Joly, Cecile Duflot, Daniel Cohn Bendit, (ouf, je m'arrête là il fallait en citer un maximum pour ne point faire de jaloux !).

 

 

 

Conséquences de tout cela :

 

 

Nous étions partis en jacobins, nous voilà girondins, intégristes décentralisateurs et régionalistes ;


nous étions partis en républicains et pour la souveraineté nous voilà  européistes acceptant de rester dans l'UE qui met sous tutelle les budgets des Etats-Nations (!) ;

 

nous étions partis en socialistes et en marxistes nous voilà verts-écolos et  libertariens

 

 

nous étions partis en  laïques nous voilà soutenant les communautés et les discours "victimaires" ;

 

nous étions patriotes et internationalistes, opposés au Grand Marché Transatlantique nous voilà mondialistes, nous taisant sur le GMT et devenant partisans du libre échange refusant tout protectionnisme ;

 

nous étions partis en partisans  pour unir la gauche républicaine et la gauche radicale et nous voilà entrain de vouloir des alliances avec Europe-Ecologie et d'instituer un Front de Gauche rabougris.

 

 

 

 

A quand le sursaut républicain, socialiste, jacobin et laïque de la Gauche en général et du Parti de Gauche en particulier ?

 

 

A quand le PG et Jean-Luc Mélenchon engageront les convergences avec les républicains socialistes et jacobins,  les républicains de gauche, les républicains citoyens, les gaullistes et souverainistes de progrès en vue d'une refondation républicaine, jacobine et laïque du pays (institutions, économie, société, rayonnement international) en  prenant appui sur le peuple et dans le peuple citoyen et souverain afin de créer  un Front d'Unité Populaire permettant l'alternative républicaine, le sursaut républicain, le gouvernement de salut public, la reconquête de la souveraineté populaire pour notre pays ?

 

Salut et Fraternité.

 

D-P.

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 23:01

Par Darthé-Payan

 

Bref rappel de la journée révolutionnaire du 10 août 1792, avec la prise du Palais des Tuileries par le peuple sectionnaire, des sans culottes, de Paris aidé par les Fédérés de Marseille et de Brest. Il s'en suivra la création de la Commune insurrectionnelle de Paris. L'Assemblée Législative sous la pression du peuple souverain et citoyen suspendra le roi et convoquera une Assemblée constitutionnelle qui prendra le nom de Convention nationale. La monarchie ne survivra pas au 10 août et le peuple souverain et citoyen élira la nouvelle Assemblée qui abolira le 21 septembre la Monarchie et le 22 septembre proclamera la République.

 

 

 

Ce que cette journée du 10 août peut nous enseigner, à nous républicains, socialistes et jacobins, c'est le peuple citoyen est toujours souverain et c'est lui qui a le dernier mot. Le Roi, les différents cabinets notamment Feuillants ne le comprendront qu'à leurs dépens. Le peuple citoyen de France est directement menacé par le Manifeste de Coblence signé par Brunswick le 25 juillet. Ce manifeste signé par le Commandant des Forces Austro-Prussiennes menace le peuple citoyen et souverain de Paris d'une « vengeance exemplaire et à jamais mémorable en livrant la ville à une exécution militaire et à une subversion totale ».

 

Le peuple citoyen affirme en cette journée du 10 aout 1792, sa pleine souveraineté politique et en insurrection pour obtenir que ce pouvoir souverain soit pleinement exercé et respecté. La Monarchie tombera faute de ne pas l'avoir compris. Ce peuple citoyen et souverain en insurrection fera l'Histoire et changera le cours de l'Histoire trois ans à peine après avoir fait une première fois l'Histoire en s'appropriant ce pouvoir d'insurrection, il permettra par la proclamation de l'Assemblée nationale constitutionnelle de rentrer dans le jeu. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, fera du peuple l'acteur essentiel de la Révolution en marche.

 

Cette commune insurrectionnelle permettra à la France de déboucher sur la République, de faire de l'Homme un citoyen et souverain libre, frère et égaux en droits.

 

 

 

 

Le retour à la pleine souveraineté du peuple citoyen est d'actualité.

 

 

Cette souveraineté conquise qui permis la chute de la Monarchie, son abolition et la proclamation de la République. La res publica – la chose publique – est une construction politique et humaine faite par le peuple citoyen et souverain en insurrection.

 

Aujourd'hui le peuple français et la République Française ont leurs souveraineté bafouée, niée enfoncée, petit à petit détruite par un ensemble de choses.

 

Il y a l'Union Européenne qui jour après jour remet en cause la pleine et entière souveraineté de notre pays et de notre peuple par des décisions bureaucratiques, a-démocratiques. On ne peut que citer deux dernièrs exemples : la mise sous tutelle des budgets des Etats-Nations et l'obligation de demander l'aval de la Commision de Bruxelles pour les plans de relances économiques (qui au passage sont petit à petit tous abandonnés) ce qui revient également à une mise sous tutelle des possibilités de se sortir de la crise économique par ces propres moyens nationaux et souverains. La commission de Bruxelles qui décident des lois françaises dans 80 % des cas (oui, 80 % des lois votées au parlement français sont des retranscriptions des décisions ou directives de la Commission de Bruxelles faites de manière bureaucratique et a-démocratique. Des exemples comme le Grand Marché Transatlantique ou les députés européens avalisent en se couchant devant la Commission Européenne des dispositifs et processus continentaux – qui ne permettront aucun retour en arrière. Ces dispositifs sont décidés dans le dos des citoyens.

 

Il y a aussi un certain pouvoir politique qui ne tient pas compte du suffrage universel. Là on passe outre le vote citoyen lors d'un referendum (29 mai 2005) ailleurs c'est carrément les votes aux élections qui sont forts peu pris en compte par un pouvoir présidentiel personnel et personnalisé à l'extrême.

 

Autres remises en cause de la souveraineté du peuple

 

Le système capitaliste transnational, apatride, qui fait du libre échange et de la concurrence libre et non faussée l'alpha et l'oméga de toute chose. Oui ce système qui transperce les Etats nations, les vassalisent et qui rend un peu plus encore serviles les peuples fait que la souveraineté est niée par ces puissances capitalistes qui ne font que créer de nouvelles prisons – nouvelles bastilles – pour les peuples citoyens et souverains. Quand les travailleurs, les salariés n'ont aucun droit dans l'entreprise et sont des nouveaux serfs qui devront s'affranchir pour conquérir la souveraineté et la citoyenneté partout et pour tous.

 

 

Autre remise en cause de la souveraineté du peuple les communautarismes et autres intérêts particuliers qui s'érigent en pouvoir pour l'unique défense de leurs intérêts particuliers soit communautaires, soit religieux, soit mercantiles. Là aussi, la souveraineté du peuple citoyen est niée.

 

Dans tout ces cas c'est la souveraineté du peuple citoyen qui est niée, bafouée ou remise en cause mais c'est également l'unité du corps citoyen de la nation, l'unité et l'indivisibilité de la République, l'unité et l'indivisibilité de la citoyenneté et de la souveraineté et enfin l'égalité des droits.

 

 

Reconquête de la pleine souveraineté du peuple citoyen partout et pour tous , unité et indivisibiltié de la république, égalité des droits, appropriation collective et sociale de la monnaie, du crédit, de l'économie et des marchés telles sont les objectifs d'une nouvelle révolution républicaine, socialiste et jacobine à réaliser.

 

Peut êtres devrions-nous envisager un nouveau 10 Août du peuple en insurrection partout et fait par tous ? En tous cas, les républicains socialistes jacobins ne le craigent pas bien au contraire. Ils la mette en perspective ! N'oublions jamais que bien souvent c'est le peuple qui fait l'Histoire ! Chacun devrait s'en souvenir !

 

Pour finir je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager un court extrait du discours de Robespierre à la Convention le 05 novembre 1792

 

« Citoyens vouliez-vous une révolution sans révolution ? Mais quel est cet esprit de persécution qui est venu réviser, pour ainsi dire,celle qui a brisé nos fers ? Mais comment peut-on soumette à un jugement certain les effets que peuvent entraîner ces grandes commotions ? Qui peut marquer, aprés coup, le point précis où doivent se briser les flots de l'insurrection populaire ? A ce prix, quel peuple pourrait jamais secouer le joug de la tyrannie ? (...) Non, nous n'avons point failli, j'en jure par le trône renversé, et par la République qui s'élève. »

 

Vive la révolution ! Vive la République ! Vive la France !

 

 

 

 

 

Maintenant, à propos du 10 Août 1792, j'intègre à ma note une page d'Histoire, de mémoire et de culture révolutionnaires et républicaines réalisée par le Citoyen Thimène et pour finir cette journée historique qui permet à la révolution d'entrée dans une nouvelle phase grâce au peuple qui fait l'Histoire.

 

Bonne lecture.

 

Salut et Fraternité.

 

D-P.

_________________________________________________

 

Le 10 Août 1792, le Peuple en insurrection s'empare du Palais des Tuileries, le Roi est suspendu et une nouvelle Assemblée constituante est convoquée. Le Peuple fait l'Histoire.

 

 

La Prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, Musée du château de Versailles

 

 

 



Par Citoyen Thimène

 

Le 10 août 1792, une foule de sans-culottes, renforcée de fédérés, s'emparent du palais des Tuileries où étaient assignés à résidence Louis XVI et sa famille. Au terme d'une journée d'intenses combats, ces derniers sont internés. C'est la fin effective d'une monarchie française millénaire, et la naissance d'une République qui ne dit pas encore son nom.



Cette journée historique est l’aboutissement d’une année d’une rupture grandissante entre le roi et le peuple. C’est ainsi que depuis juin 1791 et sa fuite à Varennes qui le discrédite profondément, le roi Louis XVI est assigné à résidence au palais des Tuileries, sous l’étroite « surveillance du peuple » parisien.



Une rupture qui est en passe d’atteindre son paroxysme lorsque, durant l'été 1792, la France s’attend à une inévitable et imminente invasion étrangère, une invasion à laquelle on soupçonne de plus en plus le roi de montrer de la sympathie. Louis XVI espère en effet, secrètement, recouvrir par le glaive étranger son autorité sans partage. Et il n’hésite pas à mettre son veto à un décret permettant la constitution d'un camp de gardes nationaux fédérés pour défendre Paris. Veto que contournera l'assemblée législative en décrétant le 11 juillet « la patrie en danger ».



Le soupçon qui pèse sur Louis XVI devient une certitude quand, le 25 juillet, une déclaration du duc de Brunswick annonce que les Alliés entreront en France pour restaurer l'autorité royale, investiraient militairement l'Assemblée et la ville de Paris au moindre outrage envers le roi. Cette nouvelle, connue à Paris le 1er août, excite la fureur de ses habitants envers la monarchie et les aspirations républicaines des révolutionnaires.

Ainsi, le 5 août, les sections de Paris exigent, sous la menace d'une insurrection populaire, la déchéance du Roi. L'Assemblée refuse de céder.



Une nouvelle « journée révolutionnaire » se prépare alors. Les sans-culottes parisiens, qui ne supportent plus cette monarchie complaisante envers les envahisseurs étrangers, en seront ses artisans

Le 10 août, à minuit, le tocsin commence à sonner aux clochers de la capitale.



Et dès trois heures du matin, les sans-culottes et les Fédérés se rassemblent à l'Hôtel de ville. Une « commune insurrectionnelle » y est établie, en lieu et place de la municipalité légale.

Ils se dirigent ensuite vers les abords du palais des Tuileries, un palais dont la défense avait été particulièrement bien préparé. Ce sont près de 4000 hommes, gendarmes, gardes suisses et gardes nationaux, qui, en théorie, les attendent de pied ferme.



En théorie car Louis XVI, qui en cette matinée particulière les passe en revue, se rend compte qu’il ne pourra compter sur tous. Si les gardes suisses, fidèles, crient « Vive le roi ! », il n’en va pas de même pour les autres qui crient de leur côté « Vive la Nation ! » voire « A bas le veto ! ». Des bataillons finissent même par tourner leurs canons contre le château et à se placer en position d’attaque.

 



Face au palais, le roi découvre aussi la foule hostile des Parisiens qui l’accueille sous un tombereau d’insultes. Une foule d’insurgés avec qui fraternisent très vite les gendarmes et une grande partie des gardes nationaux.

 

Le roi, convaincu alors que la défense du château n’est plus assurable, se résigne, accompagné de la reine et du dauphin, à chercher refuge au sein de l'Assemblée.

 

Pendant ce temps-là, depuis le bâtiment assailli, les gardes suisses, ses seuls défenseurs, se mettent à tirer sur la foule et abattent plusieurs dizaines d'hommes. La réplique des insurgés ne se fait pas attendre, et la suite est un combat d'une rare violence que gagneront les sans culottes et les soldats ralliés. On comptera ainsi plus d’un millier de morts.

 

 







L’Assemblée législative, mise devant le fait accompli, prononce alors la suspension du roi. Elle nomme à la place du gouvernement un Comité exécutif au sein duquel Danton devient Ministre de la Justice. Elle convoque aussi et surtout une « Convention nationale » qu’elle charge de prendre toutes les mesures « pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la liberté et de l'égalité ». Et en vue de son élection, elle instaure pour la première fois le suffrage universel, abolissant le suffrage censitaire et la distinction entre citoyens « actifs » et citoyens « passifs » qui avait cours depuis 17

90.

 









Le lendemain, la famille royale est emmenée au donjon du Temple. Si la monarchie n’existe plus alors dans les faits, il faudra toutefois attendre le 21 septembre suivant pour qu’elle soit abolie et la République officiellement proclamée.

 

http://action-republicaine.over-blog.com/





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Le 10 AOUT 1792 vu par ROBESPIERRE

 

 

« Le toscin avait sonné ; les citoyens de toutes les sections s'étaient armés et réunis : les gardes nationales, tout le peuple, la gendarmerie nationale, les fédérés de tout les départements restés à Paris, tous avaient un seul sentiment, un seul but. On distinguait parmi eux l'immortel bataillon de Marseille, célèbre par ses victoires remportés sur les tyrans du midi. Cette armé, également imposante par le nombre, par la diversité des armes , surtout par le sentiment sublime de la liberté qui respirait sur tous les visages, présentaient un spectacle qu'aucune langue ne peut rendre (...). Elle se portait sur le Château des Tuileries où était le foyer de la conspiration tramée contre la sureté de Paris, et une armée de contre -révolutionnaires et de Suisses rassemblés depuis longtemps pour l'éxécution. » (Robespierre, numéro 12 du Défenseur de la Constitution).

 

 

 

 

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 21:45

Par Darthé-Payan

 

Vous pouvez lire ou télécharger le Manifeste Pour la République et le Socialisme en cliquant sur le lien. Ce document est téléchargebable au format.pdf :  

 

http://manifeste-jacobin.blogvie.com/files/2010/04/manifeste-jacobin.pdf

 

Bonne lecture.

 

Salut et Fraternité.

 

 

 

  Portrait of Robespierre, Maximilien François Marie Isidore de.

 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 19:19

Par Darthé-Payan

 

 

221 ans après l'abolition des privilèges - même s'il faudra attendre le 17 juillet 1793 sous la Convention Montagnarde que cette abolition devienne effective et étendue – de nombreux privilèges de classes, de castes, d'intérêts particuliers, de pouvoirs ou de pensée unique dominante font qu'une nouvelle révolution républicaine jacobine démocratique sociale est plus que jamais nécessaire afin d'abroger ces nouveaux privilèges qui nient la République, l'intérêt général, la solidarité et le partage et la redistribution des richesses.

 

Il est de l'urgence politique, civique et citoyenne de mettre en perspectives les ruptures avec le système capitaliste transnational, le libre et échange ou règne la concurrence libre et non faussée « Le renard libre dans le poulailler libre » et l'Europe libérale supranationale de la Commission de Bruxelles, de la BCE et du GMT. Il est de l'urgence politique, civique et citoyenne de mettre en perspectives les transformations des structures économiques (nationalisations, coopératives, services publics, ateliers nationaux,...) des rapports de production et du partage des richesses. Il est de l'urgence politique, civique et citoyenne de mettre en perspective la refondation républicaine, laîque et jacobine de la France par l'unité et l'indivisibilité de cette république ; par le retour à la pleine et entière souveraineté populaire notamment sur l'économie ; par une laïcité étendue, par l'égalité des droits et l'égalité des conditions.

 

En quelque mot bâtir la république sociale, laïque et jacobine. La république et le socialisme.

 

Je propose de compléter ma présente note par la publication de l'entretien de Michel Vovelle - Historien spécialiste de la Révolution -  au journal L'Humanité de ce mercredi 04 août, de publier une citation de Robespierre – tirée d'un petite anthologie « Discours et rapports à la Convention » - et pour finir j'intègre à ce billet les différents décrets sur l'abolition des privilèges.

 

Bonne lecture.

 

Salut et Fraternité.

Vive la révolution ! Vive la République ! Vive la France !

D - P.

 

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Entretien de Michel Vovelle dans l'Humanité du mercredi 04 Août 2010

Michel vovelle « Une nuit majeure dans la révolution de l’égalité »

Michel Vovelle est historien, spécialiste de la Révolution française. Directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française et président d’honneur de la Société des amis de l’Humanité, il analyse l’importance de la nuit du 4 août dans l’héritage français.

 

Comment, dans le contexte actuel, la nuit du 4 août résonne-t-elle à vos oreilles d’historien ?

 

Michel Vovelle. De façon assez paradoxale. Lorsque nous avons interrogé la mémoire collective des Français, à travers des sondages, lors du bicentenaire de la Révolution, la nuit du 4 août n’apparaît pas comme une référence vivace. C’est très injuste car cette date fondamentale inscrit une dimension plus importante que le geste symbolique de prise de la Bastille. Nous sommes au lendemain du 14 juillet, c’est-à-dire de l’entrée des masses populaires dans un mouvement révolutionnaire, de subversion de l’Ancien Régime monarchique, de l’abolition de l’arbitraire royal et de revendication de la liberté. La nuit du 4 août, c’est tout l’édifice institutionnel, social et en grande partie agraire qui se trouve abolit.

 

La révolution paysanne est déjà 
à l’œuvre avant le 14 juillet, avec 
le mouvement de la grande peur 
et la crainte des brigands qui dévastent, pillent et brûlent. Comment l’Assemblée nationale tiendra-t-elle compte de cette révolte de la France rurale majoritaire ?

 

Michel Vovelle. À Versailles, l’Assemblée nationale se demande quelle réaction adopter vis-à-vis de cette autre Révolution qui surgit des profondeurs. Ce mouvement est l’expression de la crise rurale. Michelet l’évoque grâce à une formule saisissante : « Le paysan français, voyez-le, couché sur son fumier, pauvre Job. » Il s’agit de la lecture de la Révolution comme révolution de la misère, essentiellement paysanne. En contrepoint, Jaurès explique qu’il s’agit plutôt d’une révolution de la prospérité, de cette bourgeoisie montante portée par le flux des profits ou de la rente. Qui a raison ? Sans doute, les deux. La paysannerie française n’est pas une paysannerie d’esclaves, ils sont déjà à demi-propriétaires mais supportent tout le poids de la féodalité. Des charges pèsent tantôt sur la personne, tantôt sur les terres. Le premier réflexe de la bourgeoisie patriote est celui de la réaction, du retour à l’ordre. La noblesse libérale des Lumières a le réflexe de considérer l’appui de cette révolution à la leur et à celle des masses parisiennes, et à la nécessité d’un compromis qui fera la substance de la nuit du 4 août.

 

Les historiens romantiques du XIXe siècle parlent de la nuit du miracle. Est-ce juste ?

 

Michel Vovelle. Il serait plus juste de parler de transaction, d’un changement d’une grande profondeur mais d’une générosité mesurée. Nous voyons apparaître l’égalité, notamment devant l’impôt ou à travers l’abolition de la vénalité des charges, des justices seigneuriales, du droit de chasse… La noblesse libérale propose également de détruire les privilèges du régime féodal en distinguant les privilèges sur la personne et les privilèges sur la terre. Sur la personne, il s’agit de l’abolition de toute forme de servitude, de cette charge de travail qui pesait sur les paysans, de celle qui pesait sur la transmission de leur héritage, de la mainmorte. Ces charges sur la personne sont supprimées sans contrepartie mais la distinction est faite avec les droits réels qui pèsent sur la terre et s’expriment en termes de redevance et du droit du seigneur de prélever sur les champs. Ces servitudes seront abolies mais déclarées « rachetables » : il faudra que les paysans payent ce qu’ils contesteront par la suite. Habile distinction qui permet d’arriver à ce « consensus » qui verra le clergé se joindre aux représentants du tiers état dans une grande séance d’effusion collective. Le miracle de la nuit du 4 août n’est pas seulement une hypocrisie, c’est un moment de rencontre. Avec la mise à bas de tout l’édifice de l’Ancien Régime, restent des arrière-pensées. Entre 1791 et 1792, les révoltes rurales seront extrêmement vives, en particulier dans les régions où le rachat des droits sera le plus lourd.

 

À droite, certains hommes politiques évoquent aujourd’hui un climat prérévolutionnaire. Qu’en pensez-vous ?

 

Michel Vovelle. Charles Pasqua disait déjà cela il y a vingt-cinq ans. La vieille et la nouvelle droite aiment jouer du spectre de la Révolution. La monarchie sarkozyenne pratique une politique d’attrape-tout symbolique : elle absorbe Jaurès, Guy Môquet et d’autres… Elle est néanmoins prudente dans ses références à la Révolution. Le président peut évoquer la chienlit de 1968, pour reprendre de Gaulle mais elle n’est prête à phagocyter l’héritage révolutionnaire que par ses aspects formels. C’est le magasin aux accessoires, et sont instrumentalisés le tricolore et la Marseillaise. Aller plus loin signifierait se heurter à l’essentiel de la subversion populaire. C’est ce qu’on évoque lorsque l’on parle d’atmosphère prérévolutionnaire. On ne va pas jusqu’à affronter la rupture révolutionnaire et encore moins les mesures de mobilisation populaire. Il y a là toute une manipulation verbale qui ne trompe personne. C’est en ce sens qu’il est utile de revenir à la véritable signification de la nuit du 4 août. Dans la France actuelle, où moins de 3 % de la population est paysanne, on pourrait penser que la nuit du 4 août ne nous dit plus rien. Il n’y a rien de plus faux ! Cette nuit nous parle de l’abolition de l’Ancien Régime social et institutionnel dans la voie des révolutions de l’égalité. Même si, pour l’heure, cette égalité profite en premier lieu à la bourgeoisie et, par retombées, à la paysannerie. Cela reste un pas majeur dans la Révolution française comme révolution de l’égalité.

 

Entretien réalisé par Lina Sankari

 

http://www.humanite.fr/03_08_2010-michel-vovelle-%C2%AB-une-nuit-majeure-dans-la-r%C3%A9volution-de-l%E2%80%99%C3%A9galit%C3%A9%C2%A0%C2%BB-451002


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ROBESPIERRE

 

"Dans tout pays où la nature fournit avec prodigalité aux besoins des hommes, la disette ne peut être imputée qu'aux vices de l'administration ou des lois elles-mêmes ; les mauvaises lois et la mauvaise administration ont leur source dans les faux principes et dans les mauvaises mœurs.

[...]

"J'ai vu un ministre impudent dont il n'était pas permis de soupçonner la vertu, exiger les adorations de la France en la ruinant, et du sein de ces criminelles intrigues, la tyrannie sortir armée de la loi martiale pour se baigner légalement dans le sang des citoyens affamés."

Discours_et_Rapports___la_Convention_de_RobespierreRobespierre,

"Sur les subsistances"

in Discours et rapports à la Convention

 

             

 Portrait of Robespierre, Maximilien François Marie Isidore de.

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Abolition du régime féodal

Nuit du 4-août 1789

L'Assemblée nationale s'étant formée le 17 juin 1789 et ayant déterminé sa mission d'établir un nouvel ordre constitutionnel et politique, est confortée par la première des grandes journées révolutionnaires, le 14 juillet 1789. Avant d'adopter les articles de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 20 au 26 août, puis d'entamer la délibération sur la constitution elle-même, les députés s'attaquent à la structure de la société féodale dans la nuit du 4 au 5 août. La destruction du régime féodal est ainsi décidée, mais ses effets font l'objet de textes ultérieurs. Seuls les droits seigneuriaux sont supprimés sans indemnité, tandis que les autres droits dérivant d'un contrat d'inféodation sont déclarés rachetables, ainsi que l'indique le décret relatif aux droits féodaux des 15-28 mars 1790. Le mode et le taux de rachat de ces droits sont précisés par le décret des 3-9 mai 1790, puis par celui des 3-31 juillet 1790, par celui des 13-20 avril 1791 et par l'instruction des 15-19 juin 1791. Le décret des 18 juin-6 juillet 1792 subordonne le rachat à la production par le seigneur du titre primitif d'inféodation. Dans ce cas, le mode de rachat est précisé par les décrets du 20 et du 25 août 1792. Enfin, la Convention prononce, le 17 juillet 1793, l'abolition de toutes les redevances féodales, et ordonne que les titres soient brûlés sous peine de cinq ans de fers.

Décret portant abolition du régime féodal, des justices seigneuriales, des dîmes, de la vénalité des offices, des privilèges, des annates, de la pluralité des bénéfices, etc.

Article 1.

L'Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal. Elle décrète que, dans les droits et devoirs, tant féodaux que censuels, ceux qui tiennent à la mainmorte réelle ou personnelle, et à la servitude personnelle, et ceux qui les représentent, sont abolis sans indemnité, et tous les autres sont déclarés rachetables, et que le prix et le mode du rachat seront fixés par l'Assemblée nationale. Ceux desdits droits qui ne sont point supprimés par ce décret, continueront néanmoins à être perçus jusqu'au remboursement.

Article 2.

Le droit exclusif des fuies et colombiers est aboli. Les pigeons seront enfermés aux époques fixées par les communautés ; et durant ce temps, ils seront regardés comme gibiers, et chacun aura le droit de les tuer sur son terrain.

Article 3.

Le droit exclusif de la chasse et des garennes ouvertes est pareillement aboli, et tout propriétaire a le droit de détruire et faire détruire, seulement sur ses possessions, toute espèce de gibier, sauf à se conformer aux lois de police qui pourront être faites relativement à la sûreté publique.
Toutes capitaineries, même royales, et toutes réserves de chasse, sous quelque dénomination que ce soit, sont pareillement abolies ; et il sera pourvu, par des moyens compatibles avec le respect dû aux propriétés et à la liberté, à la conservation des plaisirs personnels du roi.
M. le Président sera chargé de demander au Roi le rappel des galériens et des bannis pour simple fait de chasse, l'élargissement des prisonniers actuellement détenus, et l'abolition des procédures existant à cet égard.

Article 4.

Toutes les justices seigneuriales sont supprimées sans aucune indemnité ; et néanmoins, les officiers de ces justices continueront leurs fonctions jusqu'à ce qu'il ait été pourvu par l'assemblée nationale à l'établissement d'un nouvel ordre judiciaire.

Article 5.

Les dîmes de toute nature, et les redevances qui en tiennent lieu, sous quelque dénomination qu'elles soient connues et perçues, même par abonnement, possédées par les corps séculiers et réguliers, par les bénéficières, les fabriques, et tous gens de mainmorte, même par l'ordre de Malte, et autres ordres religieux et militaires, même celles qui auraient été abandonnées à des laïcs, en remplacement et pour option de portion congrue, sont abolies, sauf à aviser aux moyens de subvenir d'une autre manière à la dépense du culte divin, à l'entretien des ministères des autels, au soulagement des pauvres, aux réparations et reconstructions des églises et presbytères, et à tous les établissements, séminaires, écoles, collèges, hôpitaux, communautés et autres, à l'entretien desquels elles sont actuellement affectées. Et cependant jusqu'à ce qu'il y ait été pourvu, et que les anciens possesseurs soient entrés en jouissance de leur remplacement, l'Assemblée nationale ordonne que lesdites dîmes continueront d'être perçues suivant les lois et en la manière accoutumée. Quant aux autres dîmes, de quelque nature qu'elles soient, elles seront rachetables de la manière qui sera réglée par l'Assemblée ; et jusqu'au règlement à faire à ce sujet, l'Assemblée nationale ordonne que la perception en sera aussi continuée.

Article 6.

Toutes les rentes foncières perpétuelles, soit en nature, soit en argent, de quelque espèce qu'elles soient, quelle que soit leur origine, à quelques personnes qu'elles soient dues, gens de mainmorte, domaines apanagistes, ordre de Malte, seront rachetables ; les champarts de toute espèce, et sous toutes dénominations, le seront pareillement, au taux qui sera fixé par l'Assemblée. Défenses sont faites de plus à l'avenir créer aucune redevance non remboursable.

Article 7.

La vénalité des offices de judicature et de municipalité est supprimée dès cet instant. La justice sera rendue gratuitement. Et néanmoins, les officiers pourvus de ces offices, continueront d'exercer leurs fonctions, et d'en percevoir les émoluments, jusqu'à ce qu'il ait été pourvu par l'assemblée aux moyens de leur procurer leur remboursement.

Article 8.

Les droits casuels des curés de campagne sont supprimés, et cesseront d'être payés aussitôt qu'il aura été pourvu à l'augmentation des portions congrues et à la pension des vicaires ; et il sera fait un règlement pour fixer le sort des curés des villes.

Article 9.

Les privilèges pécuniaires personnels ou réels, en matière de subsides, sont abolis à jamais. La perception se fera sur tous les citoyens et sur tous les biens, de la même manière et dans la même forme ; et il va être avisé aux moyens d'effectuer le paiement proportionnel de toutes les contributions, même pour les six derniers mois de l'année d'impositions courantes.

Article 10.

Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuse aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, et dont le sacrifice est nécessaire à l'union intime de toutes les parties de l'empire, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d'habitants, soit pécuniaires, soit de tout autre nature, sont abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français.

Article 11.

Tous les citoyens, sans distinction de naissance, pourront être admis à tous les emplois et dignités ecclésiastiques, civils et militaires, et nulle profession utile n'emportera dérogeance.

Article 12.

A l'avenir il ne sera envoyé en cour de Rome, en la vice-légation d'Avignon, en la nonciature de Lucerne, aucuns deniers pour annates ou pour quelque autre cause que ce soit ; mais les diocésains s'adresseront à leurs évêques pour toutes les provisions de bénéfices et dispenses, lesquelles seront accordées gratuitement, nonobstant toutes réserves, expectatives et partages de mois ; toutes les églises de France devant jouir de la même liberté.

Article 13.

Les déports, droits de côte-morte, dépouilles, vacat, droits censaux, deniers de Saint-Pierre, et autres du même genre établis en faveur des évêques, archidiacres, archiprêtres, chapitres, curés primitifs, et tous autres, sous quelque nom que ce soit, sont abolis, sauf à pourvoir, ainsi qu'il appartiendra, à la dotation des archidiaconés et des archiprêtres qui ne seraient pas suffisamment dotés.

Article 14.

La pluralité des bénéfices n'aura plus lieu à l'avenir, lorsque les revenus du bénéfice ou des bénéfices dont on sera titulaire excéderont la somme de trois mille livres. Il ne sera pas permis non plus de posséder plusieurs pensions sur bénéfices, ou une pension et un bénéfice, si le produit des objets de ce genre que l'on possède déjà, excède la même somme de trois mille livres.

Article 15.

Sur le compte qui sera rendu à l'assemblée nationale de l'état des pensions, grâces et traitements, elle s'occupera, de concert avec le roi, de la suppression de ceux qui n'auraient pas été mérités, et de la réduction de ceux qui seraient excessifs, sauf à déterminer pour l'avenir une somme dont le roi pourra disposer pour cet objet.

Article 16.

L'assemblée nationale décrète qu'en mémoire des grandes et importantes délibérations qui viennent d'être prises pour le bonheur de la France, une médaille sera frappée, et qu'il sera chanté, en action de grâces, un Te Deum dans toutes les paroisses et églises du royaume.

Article 17.

L'assemblée nationale proclame solennellement le roi Louis XVI Restaurateur de la liberté française.

Article 18.

L'assemblée nationale se rendra en corps auprès du roi, pour présenter à Sa Majesté l'arrêté qu'elle vient de prendre, lui porter l'hommage de sa plus respectueuse reconnaissance, et la supplier de permettre que le Te Deum soit chanté dans sa chapelle, et d'y assister elle-même.

Article 19.

L'assemblée nationale s'occupera, immédiatement après la constitution, de la rédaction des lois nécessaires pour le développement des principes qu'elle a fixé par le présent arrêté, qui sera incessamment envoyé par MM. les députés dans toutes les provinces, avec le décret du 10 de ce mois, pour l'un et l'autre y être imprimés, publiés même au prône des paroisses, et affichés partout où besoin sera.
4, 6, 7, 8 et 11 août-3 novembre 1789.

Décret qui supprime sans indemnité toutes les redevances ci-devant seigneuriales et droits féodaux, même ceux conservés par le décret du 23 août 1792

Article 1.

Toutes redevances ci-devant seigneuriales, droits féodaux, censuels, fixes et casuels, même ceux conservés par le décret du 25 août dernier, sont supprimés sans indemnité.

Article 2.

Sont exceptées des dispositions de l'article précédent les rentes ou prestations purement foncières et non féodales.

Article 3.

Les procès civils et criminels intentés, soit sur le fonds, soit sur les arrérages des droits supprimés par l'article 1, sont éteints sans répétition de frais de la part d'aucune des parties.

Article 4.

Dans le cas ou tout ou partie des droits supprimés par l'article 1 aurait été mis en séquestre, soit volontairement, soit par ordonnance de justice, les objets séquestrés seront remis par les dépositaires à ceux qui les ont consignés.

Article 5.

Ceux qui se sont rendus adjudicataires de domaines nationaux dans lesquels seraient compris les droits supprimés par l'article 1, ne pourront réclamer aucune indemnité ; ils pourront néanmoins renoncer à leur adjudication, à la charge par eux d'en faire leur déclaration au directoire du district, dans le mois de la publication du présent décret.
En cas de renonciation, le directoire de district fera la liquidation des sommes payées par l'adjudicataire en principal et intérêts, et des fruits par lui perçus.

Article 6.

Les ci-devant seigneurs, les feudistes, commissaires à terrier, notaires ou tous autres dépositaires de titres constitutifs ou récognitifs de droits supprimés par le présent décret ou par les décrets antérieurs rendus par les assemblées précédentes, seront tenus de les déposer, dans les trois mois de la publication du présent décret, au greffe des municipalités des lieux. Ceux qui seront déposés avant le 10 août prochain seront brûlés ledit jour en présence du conseil général de la commune et des citoyens ; le surplus sera brûlé à l'expiration des trois mois.

Article 7.

Ceux qui seront convaincus d'avoir caché, soustrait ou recelé des minutes ou expéditions des actes qui doivent être brûlés, aux termes de l'article précédent, seront condamnés à cinq années de fers.

Article 8.

Sont compris dans les dispositions de l'article 6 : 1° les  jugements ou arrêts qui porteraient reconnaissance des droits supprimés par le présent décret, ou qui les renseigneraient ; 2° les registres qui contiennent la déclaration des droits de franc-fief précédemment supprimés ; 3° les titres des domaines nationaux qui sont déposés au secrétariat des districts.

Article 9.

Les receveurs ou préposés comptables déposeront, dans le mois de la publication du présent décret, les registres, cueillerets et pièces de comptabilité au secrétariat de leur district. Les comptes seront apurés dans les deux mois de la présentation ; et, aussitôt après l'apurement des comptes, cueillerets et pièces seront aussi brûlés publiquement, à la diligence du procureur-syndic du district.

Article 10.

Les plans et arpentages qui peuvent donner des renseignements sur les propriétés territoriales seront déposés au secrétariat du district de la situation des biens, pour y avoir recours au besoin.

Article 11.

Le décret du 25 août dernier continuera d'être exécuté en ce qui n'y est pas dérogé par le présent décret.

Article 12.

Le ministre de l'intérieur est chargé de faire parvenir directement aux municipalités le présent décret, et elles restent chargées de son exécution, sans l'intermédiaire des corps administratifs.
















Document présenté par Jean-Pierre Maury.

http://mjp.univ-perp.fr/france/1789nuit4aout.htm#1793

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 17:28

 

Par Darthé-Payan

 

Le 31 juillet 1914, Jean-Jaurès était assassiné par le nationaliste obsessionnel Raoul Villain. La guerre pouvait alors commencer et déboucher sur la terrible boucherie des tranchées que l'on connait.

 

Jean-Jaurès,  le grand Jaurès, comme l'appelait, Max Gallo, dans l'une des biographies qui lui consacra, oui la grand Jaurès est toujours d'actualité, moderne et la gauche devrait un temps soit peu le lire ou le relire et s'en inspirer. En faire l'une de ses sources fécondes pour l'inspiration, la réflexion, l'action.

 

Pour ma part,  en tant que Républicain socialiste jacobin, je me sens pleinement et ardemment jaurésien. Je m'inspire autant de Robespierre et des Jacobins que de Jaurès le républicain socialiste et humaniste;



Nous devons, plus que jamais faire, notre la synthèse jaurésienne.

 

Synthèse entre la république laïque, jacobine  et le socialisme. Synthèse entre le  matérialisme et  l'idéalisme. Synthèse entre la réforme et  la révolution. Synthèse entre  la classe ouvrière et  l'ensemble des citoyens. Synthèse entre l'état collectiviste et les libertés démocratiques. Synthèse entre le patriotisme et l'internationalisme. Synthèse entre la lutte des classes et le suffrage universel. Son projet la République sociale partout et pour tous.

 

N'oublions pas que Jaurès, planté républicain de gauche ferryste,  fleurira socialiste. Cette floraison sera nourrie tant par son évolution personnelle que par l'influence de Lucien Herr - Bibliothécaire de l'ENS - ou encore par celle des mineurs de Carmaux. Elle se nourrira aussi des travaux de Marx. Il sera l' Homme luttant pour la condition humaine, pétri d'humanisme et d'intelligence, il oeuvra pour la classe ouvrière et l'émancipation du peuple. Son combat sera dans le prolongement de l'idéal révolutionnaire de 1789, du mouvement Jacobin et de 1793. Ardent républicain et excellent éducateur , il prônera la république universelle, la paix et l'arbitrage. Homme aussi de l'unité des socialistes, le créateur du journal l'Humanité et le promoteur du mouvement associatif et coopératif. Passionnément républicain, épris de l'idéal des Lumières, il sera aussi un ardent laïque. Il apportera sa pierre à l'édifice de loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905.

 

C'est cette même sève qui doit nous nourrir et nous permettre de continuer son combat. Oui, militants de gauche, républicains socialistes et jacobins, citoyens, oui 96 ans après son assassinat, Jaurès est toujours d'actualité. Nous devons reprendre le flambeau pour faire aboutir la République sociale.

 

J'ai décidé de mettre, ci-après, le texte du discours de Jean-Jaurès "Discours à la jeunesse" prononcé à Albi en 1903.

 

Bonne lecture.

 

Salut et fraternité.

 

D-P.

 

 

 

 

 

 

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Discours à la jeunesse [Albi, 1903]

Par Jean-Jaurès



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Au cours de sa carrière universitaire et politique, Jaurès prononça plusieurs discours de distribution des prix. Celui-ci est non seulement le plus célèbre d’entre eux, mais aussi le texte le plus connu et le plus fréquemment cité de Jaurès. La cérémonie a lieu le 30 juillet 1903, Jaurès s’adresse aux élèves du lycée d’Albi, où il a lui-même été élève, puis professeur quelques décennies plus tôt. Il est alors un personnage officiel : député socialiste de Carmaux certes, mais aussi vice-président de la Chambre des députés et personnage clef de la majorité parlementaire. On le surnomme “ le ministre de la Parole ” ou le “ Saint-Jean Bouche d’Or ” du gouvernement Combes qui mène une vigoureuse politique anticléricale et d’action républicaine dont l’issue sera le 9 décembre 1905 le vote de la loi de séparation des Églises et de l’État.

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Mesdames, Messieurs, Jeunes élèves,

C’est une grande joie pour moi de me retrouver en ce lycée d’Albi et d’y reprendre un instant la parole. Grande joie nuancée d’un peu de mélancolie ; car lorsqu’on revient à de longs intervalles, on mesure soudain ce que l’insensible fuite des jours a ôté de nous pour le donner au passé. Le temps nous avait dérobés à nous-mêmes, parcelle à parcelle, et tout à coup c’est un gros bloc de notre vie que nous voyons loin de nous. La longue fourmilière des minutes emportant chacune un grain chemine silencieusement, et un beau soir le grenier est vide.

Mais qu’importe que le temps nous retire notre force peu à peu, s’il l’utilise obscurément pour des œuvres vastes en qui survit quelque chose de nous ? Il y a vingt-deux ans, c’est moi qui prononçais ici le discours d’usage. Je me souviens (et peut-être quelqu’un de mes collègues d’alors s’en souvient-il aussi) que j’avais choisi comme thème : les jugements humains. Je demandais à ceux qui m’écoutaient de juger les hommes avec bienveillance, c’est-à-dire avec équité, d’être attentifs, dans les consciences les plus médiocres et les existences les plus dénuées, aux traits de lumière, aux fugitives étincelles de beauté morale par où se révèle la vocation de grandeur de la nature humaine. Je les priais d’interpréter avec indulgence le tâtonnant effort de l’humanité incertaine.

 

Peut-être, dans les années de lutte qui ont suivi, ai-je manqué plus d’une fois envers des adversaires à ces conseils de généreuse équité. Ce qui me rassure un peu, c’est que j’imagine qu’on a dû y manquer aussi parfois à mon égard, et cela rétablit l’équilibre. Ce qui reste vrai, à travers toutes nos misères, à travers toutes les injustices commises ou subies, c’est qu’il faut faire un large crédit à la nature humaine ; c’est qu’on se condamne soi-même à ne pas comprendre l’humanité, si on n’a pas le sens de sa grandeur et le pressentiment de ses destinées incomparables.

Cette confiance n’est ni sotte, ni aveugle, ni frivole. Elle n’ignore pas les vices, les crimes, les erreurs, les préjugés, les égoïsmes de tout ordre, égoïsme des individus, égoïsme des castes, égoïsme des partis, égoïsme des classes, qui appesantissent la marche de l’homme, et absorbent souvent le cours du fleuve en un tourbillon trouble et sanglant. Elle sait que les forces bonnes, les forces de sagesse, de lumière, de justice, ne peuvent se passer du secours du temps, et que la nuit de la servitude et de l’ignorance n’est pas dissipée par une illumination soudaine et totale, mais atténuée seulement par une lente série d’aurores incertaines.

 

Oui, les hommes qui ont confiance en l’homme savent cela. Ils sont résignés d’avance à ne voir qu’une réalisation incomplète de leur vaste idéal, qui lui-même sera dépassé ; ou plutôt ils se félicitent que toutes les possibilités humaines ne se manifestent point dans les limites étroites de leur vie. Ils sont pleins d’une sympathie déférente et douloureuse pour ceux qui ayant été brutalisés par l’expérience immédiate ont conçu des pensées amères, pour ceux dont la vie a coïncidé avec des époques de servitude, d’abaissement et de réaction, et qui, sous le noir nuage immobile, ont pu croire que le jour ne se lèverait plus. Mais eux-mêmes se gardent bien d’inscrire définitivement au passif de l’humanité qui dure les mécomptes des générations qui passent. Et ils affirment, avec une certitude qui ne fléchit pas, qu’il vaut la peine de penser et d’agir, que l’effort humain vers la clarté et le droit n’est jamais perdu. L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.

 

Dans notre France moderne, qu’est-ce donc que la République ? C’est un grand acte de confiance. Instituer la République, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action ; qu’ils sauront concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre ; qu’ils sauront se combattre sans se déchirer ; que leurs divisions n’iront pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile, et qu’ils ne chercheront jamais dans une dictature même passagère une trêve funeste et un lâche repos. Instituer la République, c’est proclamer que les citoyens des grandes nations modernes, obligés de suffire par un travail constant aux nécessités de la vie privée et domestique, auront cependant assez de temps et de liberté d’esprit pour s’occuper de la chose commune. Et si cette République surgit dans un monde monarchique encore, c’est assurer qu’elle s’adaptera aux conditions compliquées de la vie internationale sans rien entreprendre sur l’évolution plus lente des peuples, mais sans rien abandonner de sa fierté juste et sans atténuer l’éclat de son principe.

 

Oui, la République est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace. L’intervention en était si audacieuse, si paradoxale, que même les hommes hardis qui il y a cent dix ans, ont révolutionné le monde, en écartèrent d’abord l’idée. Les Constituants de 1789 et de 1791, même les Législateurs de 1792 croyaient que la monarchie traditionnelle était l’enveloppe nécessaire de la société nouvelle. Ils ne renoncèrent à cet abri que sous les coups répétés de la trahison royale. Et quand enfin ils eurent déraciné la royauté, la République leur apparut moins comme un système prédestiné que comme le seul moyen de combler le vide laissé par la monarchie. Bientôt cependant, et après quelques heures d’étonnement et presque d’inquiétude, ils l’adoptèrent de toute leur pensée et de tout leur cœur. Ils résumèrent, ils confondirent en elle toute la Révolution. Et ils ne cherchèrent point à se donner le change. Ils ne cherchèrent point à se rassurer par l’exemple des républiques antiques ou des républiques helvétiques et italiennes. Ils virent bien qu’ils créaient une œuvre nouvelle, audacieuse et sans précédent. Ce n’était point l’oligarchique liberté des républiques de la Grèce, morcelées, minuscules et appuyées sur le travail servile. Ce n’était point le privilège superbe de la république romaine, haute citadelle d’où une aristocratie conquérante dominait le monde, communiquant avec lui par une hiérarchie de droits incomplets et décroissants qui descendait jusqu’au néant du droit, par un escalier aux marches toujours plus dégradées et plus sombres, qui se perdait enfin dans l’abjection de l’esclavage, limite obscure de la vie touchant à la nuit souterraine. Ce n’était pas le patriciat marchand de Venise et de Gênes. Non, c’était la République d’un grand peuple où il n’y avait que des citoyens et où tous les citoyens étaient égaux. C’était la République de la démocratie et du suffrage universel. C’était une nouveauté magnifique et émouvante.

 

Les hommes de la Révolution en avaient conscience. Et lorsque dans la fête du 10 août 1793, ils célébrèrent cette Constitution, qui pour la première fois depuis l’origine de l’histoire organisait dans la souveraineté nationale la souveraineté de tous, lorsque artisans et ouvriers, forgerons, menuisiers, travailleurs des champs défilèrent dans le cortège, mêlés aux magistrats du peuple et ayant pour enseignes leurs outils, le président de la Convention put dire que c’était un jour qui ne ressemblait à aucun autre jour, le plus beau jour depuis que le soleil était suspendu dans l’immensité de l’espace ! Toutes les volontés se haussaient, pour être à la mesure de cette nouveauté héroïque. C’est pour elle que ces hommes combattirent et moururent. C’est en son nom qu’ils refoulèrent les rois de l’Europe. C’est en son nom qu’ils se décimèrent. Et ils concentrèrent en elle une vie si ardente et si terrible, ils produisirent par elle tant d’actes et tant de pensées qu’on put croire que cette République toute neuve, sans modèles comme sans traditions, avait acquis en quelques années la force et la substance des siècles.

 

Et pourtant que de vicissitudes et d’épreuves avant que cette République que les hommes de la Révolution avaient crue impérissable soit fondée enfin sur notre sol ! Non seulement après quelques années d’orage elle est vaincue, mais il semble qu’elle s’efface à jamais de l’histoire et de la mémoire même des hommes. Elle est bafouée, outragée ; plus que cela, elle est oubliée. Pendant un demi-siècle, sauf quelques cœurs profonds qui garderaient le souvenir et l’espérance, les hommes la renient ou même l’ignorent. Les tenants de l’Ancien régime ne parlent d’elle que pour en faire honte à la Révolution : “ Voilà où a conduit le délire révolutionnaire ! ” Et parmi ceux qui font profession de défendre le monde moderne, de continuer la tradition de la Révolution, la plupart désavouent la République et la démocratie. On dirait qu’ils ne se souviennent même plus. Guizot s’écrie : “ Le suffrage universel n’aura jamais son jour ”. Comme s’il n’avait pas eu déjà ses grands jours d’histoire, comme si la Convention n’était pas sortie de lui. Thiers, quand il raconte la Révolution du10 août, néglige de dire qu’elle proclama le suffrage universel, comme si c’était là un accident sans importance et une bizarrerie d’un jour. République, suffrage universel, démocratie, ce fut, à en croire les sages, le songe fiévreux des hommes de la Révolution. Leur œuvre est restée, mais leur fièvre est éteinte et le monde moderne qu’ils ont fondé, s’il est tenu de continuer leur œuvre, n’est pas tenu de continuer leur délire. Et la brusque résurrection de la République, reparaissant en 1848 pour s’évanouir en 1851, semblait en effet la brève rechute dans un cauchemar bientôt dissipé.

 

Et voici maintenant que cette République, qui dépassait de si haut l’expérience séculaire des hommes et le niveau commun de la pensée que, quand elle tomba, ses ruines mêmes périrent et son souvenir s’effrita, voici que cette République de démocratie, de suffrage universel et d’universelle dignité humaine, qui n’avait pas eu de modèle et qui semblait destinée à n’avoir pas de lendemain, est devenue la loi durable de la nation, la forme définitive de la vie française, le type vers lequel évoluent lentement toutes les démocraties du monde.

 

Or, et c’est là surtout ce que je signale à vos esprits, l’audace même de la tentative a contribué au succès. L’idée d’un grand peuple se gouvernant lui-même était si noble qu’aux heures de difficulté et de crise elle s’offrait à la conscience de la nation. Une première fois en 1793 le peuple de France avait gravi cette cime, et il y avait goûté un si haut orgueil, que toujours sous l’apparent oubli et l’apparente indifférence, le besoin subsistait de retrouver cette émotion extraordinaire. Ce qui faisait la force invincible de la République, c’est qu’elle n’apparaissait pas seulement de période en période, dans le désastre ou le désarroi des autres régimes, comme l’expédient nécessaire et la solution forcée. Elle était une consolation et une fierté. Elle seule avait assez de noblesse morale pour donner à la nation la force d’oublier les mécomptes et de dominer les désastres. C’est pourquoi elle devait avoir le dernier mot. Nombreux sont les glissements et nombreuses les chutes sur les escarpements qui mènent aux cimes ; mais les sommets ont une force attirante. La République a vaincu parce qu’elle est dans la direction des hauteurs, et que l’homme ne peut s’élever sans monter vers elle. La loi de la pesanteur n’agit pas souverainement sur les sociétés humaines, et ce n’est pas dans les lieux bas qu’elles trouvent leur équilibre. Ceux qui, depuis un siècle, ont mis très haut leur idéal ont été justifiés par l’histoire.

 

Et ceux-là aussi seront justifiés qui le placent plus haut encore. Car le prolétariat dans son ensemble commence à affirmer que ce n’est pas seulement dans les relations politiques des hommes, c’est aussi dans leurs relations économiques et sociales qu’il faut faire entrer la liberté vraie, l’égalité, la justice. Ce n’est pas seulement la cité, c’est l’atelier, c’est le travail, c’est la production, c’est la propriété qu’il veut organiser selon le type républicain. À un système qui divise et qui opprime, il entend substituer une vaste coopération sociale où tous les travailleurs de tout ordre, travailleurs de la main et travailleurs du cerveau, sous la direction de chefs librement élus par eux, administreront la production enfin organisée.

 

Messieurs, je n’oublie pas que j’ai seul la parole ici et que ce privilège m’impose beaucoup de réserve. Je n’en abuserai point pour dresser dans cette fête une idée autour de laquelle se livrent et se livreront encore d’âpres combats. Mais comment m’était-il possible de parler devant cette jeunesse qui est l’avenir, sans laisser échapper ma pensée d’avenir ? Je vous aurais offensés par trop de prudence ; car quel que soit votre sentiment sur le fond des choses, vous êtes tous des esprits trop libres pour me faire grief d’avoir affirmé ici cette haute espérance socialiste qui est la lumière de ma vie.

 

Je veux seulement dire deux choses, parce quelles touchent non au fond du problème, mais à la méthode de l’esprit et à la conduite de la pensée. D’abord, envers une idée audacieuse qui doit ébranler tant d’intérêts et tant d’habitudes et qui prétend renouveler le fond même de la vie, vous avez le droit d’être exigeants. Vous avez le droit de lui demander de faire ses preuves, c’est-à-dire d’établir avec précision comment elle se rattache à toute l’évolution politique et sociale, et comment elle peut s’y insérer. Vous avez le droit de lui demander par quelle série de formes juridiques et économiques elle assurera le passage de l’ordre existant à l’ordre nouveau. Vous avez le droit d’exiger d’elle que les premières applications qui en peuvent être faites ajoutent à la vitalité économique et morale de la nation. Et il faut qu’elle prouve, en se montrant capable de défendre ce qu’il y a déjà de noble et de bon dans le patrimoine humain, qu’elle ne vient pas le gaspiller, mais l’agrandir. Elle aurait bien peu de foi en elle-même si elle n’acceptait pas ces conditions.

 

En revanche, vous, vous lui devez de l’étudier d’un esprit libre, qui ne se laisse troubler par aucun intérêt de classe. Vous lui devez de ne pas lui opposer ces railleries frivoles, ces affolements aveugles ou prémédités et ce parti pris de négation ironique ou brutale que si souvent, depuis un siècle même, les sages opposèrent à la République, maintenant acceptée de tous, au moins en sa forme. Et si vous êtes tentés de dire encore qu’il ne faut pas s’attarder à examiner ou à discuter des songes, regardez en un de vos faubourgs[1] ? Que de railleries, que de prophéties sinistres sur l’œuvre qui est là ! Que de lugubres pronostics opposés aux ouvriers qui prétendaient se diriger eux-mêmes, essayer dans une grande industrie la forme de la propriété collective et la vertu de la libre discipline ! L’œuvre a duré pourtant ; elle a grandi : elle permet d’entrevoir ce que peut donner la coopération collectiviste. Humble bourgeon à coup sûr, mais qui atteste le travail de la sève, la lente montée des idées nouvelles, la puissance de transformation de la vie. Rien n’est plus menteur que le vieil adage pessimiste et réactionnaire de l’Ecclésiaste désabusé : “ Il n’y rien de nouveau sous le soleil ”. Le soleil lui-même a été jadis une nouveauté, et la terre fut une nouveauté, et l’homme fut une nouveauté. L’histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention, et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.

 

C’est donc d’un esprit libre aussi que vous accueillerez cette autre grande nouveauté qui s’annonce par des symptômes multipliés : la paix durable entre les nations, la paix définitive. Il ne s’agit point de déshonorer la guerre dans le passé. Elle a été une partie de la grande action humaine, et l’homme l’a ennoblie par la pensée et le courage, par l’héroïsme exalté, par le magnanime mépris de la mort. Elle a été sans doute et longtemps, dans le chaos de l’humanité désordonnée et saturée d’instincts brutaux, le seul moyen de résoudre les conflits ; elle a été aussi la dure force qui, en mettant aux prises les tribus, les peuples, les races, a mêlé les élément humains et préparé les groupements vastes. Mais un jour vient, et tout nous signifie qu’il est proche, où l’humanité est assez organisée, assez maîtresse d’elle-même pour pouvoir résoudre, par la raison, la négociation et le droit, les conflits de ses groupements et de ses forces. Et la guerre, détestable et grande tant qu’elle est nécessaire, est atroce et scélérate quand elle commence à paraître inutile.

 

Je ne vous propose pas un rêve idyllique et vain. Trop longtemps les idées de paix et d’unité humaines n’ont été qu’une haute clarté illusoire qui éclairait ironiquement les tueries continuées. Vous souvenez-vous de l’admirable tableau que vous a laissé Virgile de la chute de Troie ? C’est la nuit : la cité surprise est envahie par le fer et le feu, par le meurtre, l’incendie et le désespoir. Le palais de Priam est forcé et les portes abattues laissent apparaître la longue suite des appartements et des galeries. De chambre en chambre, les torches et les glaives poursuivent les vaincus ; enfants, femmes, vieillards se réfugient en vain auprès de l’autel domestique que le laurier sacré ne protège pas contre la mort et contre l’outrage ; le sang coule à flots, et toutes les bouches crient de terreur, de douleur, d’insulte et de haine. Mais par dessus la demeure bouleversée et hurlante, les cours intérieures, les toits effondrés laissent apercevoir le grand ciel serein et paisible et toute la clameur humaine de violence et d’agonie monte vers les étoiles d’or : Ferit aurea sidera clamor2.

 

De même, depuis vingt siècles et de période en période, toutes les fois qu’une étoile d’unité et de paix s’est levée sur les hommes, la terre déchirée et sombre a répondu par des clameurs de guerre.

 

C’était d’abord l’astre impérieux de la Rome conquérante qui croyait avoir absorbé tous les conflits dans le rayonnement universel de sa force. L’empire s’effondre sous le choc des barbares, et un effroyable tumulte répond à la prétention superbe de la paix romaine. Puis ce fut l’étoile chrétienne qui enveloppa la terre d’une lueur de tendresse et d’une promesse de paix. Mais atténuée et douce aux horizons galiléens, elle se leva dominatrice et âpre sur l’Europe féodale. La prétention de la papauté à apaiser le monde sous sa loi et au nom de l’unité catholique ne fit qu’ajouter aux troubles et aux conflits de l’humanité misérable. Les convulsions et les meurtres du Moyen Âge, les chocs sanglants des nations modernes, furent la dérisoire réplique à la grande promesse de paix chrétienne. La Révolution à son tour lève un haut signal de paix universelle par l’universelle liberté. Et voilà que de la lutte même de la Révolution contre les forces du vieux monde, se développent des guerres formidables.

 

Quoi donc ? La paix nous fuira-t-elle toujours ? Et la clameur des hommes, toujours forcenés et toujours déçus, continuera-t-elle à monter vers les étoiles d’or, des capitales modernes incendiées par les obus, comme de l’antique palais de Priam incendié par les torches ? Non ! Non ! Et malgré les conseils de prudence que nous donnent ces grandioses déceptions, j’ose dire, avec des millions d’hommes, que maintenant la grande paix humaine est possible, et si nous le voulons, elle est prochaine. Des forces neuves y travaillent : la démocratie, la science méthodique, l’universel prolétariat solidaire. La guerre devient plus difficile, parce qu’avec les gouvernements libres des démocraties modernes, elle devient à la fois le péril de tous par le service universel, le crime de tous par le suffrage universel. La guerre devient plus difficile, parce qu’avec les gouvernements libres des démocraties modernes, elle devient à la fois le péril de tous par le service universel, le crime de tous par le suffrage universel. La guerre devient plus difficile parce que la science enveloppe tous les peuples dans un réseau multiplié, dans un tissu plus serré tous les jours de relations, d’échanges, de conventions ; et si le premier effet des découvertes qui abolissent les distances est parfois d’aggraver les froissements, elles créent à la longue une solidarité, une familiarité humaine qui font de la guerre un attentat monstrueux et une sorte de suicide collectif.

 

Enfin, le commun idéal qui exalte et unit les prolétaires de tous les pays les rend plus réfractaires tous les jours à l’ivresse guerrière, aux haines et aux rivalités de nations et de races. Oui, comme l’histoire a donné le dernier mot à la République si souvent bafouée et piétinée, elle donnera le dernier mot à la paix, si souvent raillée par les hommes et les choses, si souvent piétinée par la fureur des événements et des passions. Je ne vous dis pas : c’est une certitude toute faite. Il n’y a pas de certitude toute faite en histoire. Je sais combien sont nombreux encore aux jointures des nations les points malades d’où peut naître soudain une passagère inflammation générale. Mais je sais aussi qu’il y a vers la paix des tendances si fortes, si profondes, si essentielles, qu’il dépend de vous, par une volonté consciente, délibérée, infatigable, de systématiser ces tendances et de réaliser enfin le paradoxe de la grande paix humaine, comme vos pères ont réalisé le paradoxe de la grande liberté républicaine. Œuvre difficile, mais non plus œuvre impossible. Apaisement des préjugés et des haines, alliances et fédérations toujours plus vastes, conventions internationales d’ordre économique et social, arbitrage international et désarmement simultané, union des hommes dans le travail et dans la lumière : ce sera, jeunes gens, le plus haut effort et la plus haute gloire de la génération qui se lève.

 

Non, je ne vous propose pas un rêve décevant ; je ne vous propose pas non plus un rêve affaiblissant. Que nul de vous ne croit que dans la période encore difficile et incertaine qui précédera l’accord définitif des nations, nous voulons remettre au hasard de nos espérances la moindre parcelle de la sécurité, de la dignité, de la fierté de la France. Contre toute menace et toute humiliation, il faudrait la défendre : elle est deux fois sacrée pour nous, parce qu’elle est la France, et parce qu’elle est humaine.

 

Même l’accord des nations dans la paix définitive n’effacera pas les patries, qui garderont leur profonde originalité historique, leur fonction propre dans l’œuvre commune de l’humanité réconciliée. Et si nous ne voulons pas attendre, pour fermer le livre de la guerre, que la force ait redressé toutes les iniquités commises par la force, si nous ne concevons pas les réparations comme des revanches, nous savons bien que l’Europe, pénétrée enfin de la vertu de la démocratie et de l’esprit de paix, saura trouver les formules de conciliation qui libéreront tous les vaincus des servitudes et des douleurs qui s’attachent à la conquête. Mais d’abord, mais avant tout, il faut rompre le cercle de fatalité, le cercle de fer, le cercle de haine où les revendications même justes provoquent des représailles qui se flattent de l’être, où la guerre tourne après la guerre en un mouvement sans issue et sans fin, où le droit et la violence, sous la même livrée sanglante, ne se discernent presque plus l’un de l’autre, et où l’humanité déchirée pleure de la victoire de la justice presque autant que de sa défaite.

 

Surtout, qu’on ne nous accuse point d’abaisser et d’énerver les courages. L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement. Le courage, aujourd’hui, ce n’est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée de la Guerre, nuée terrible, mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu’elle éclatera sur d’autres. Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et ceci en est l’abdication. Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues. Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes. Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

 

Ah ! vraiment, comme notre conception de la vie est pauvre, comme notre science de vivre est courte, si nous croyons que, la guerre abolie, les occasions manqueront aux hommes d’exercer et d’éprouver leur courage, et qu’il faut prolonger les roulements de tambour qui dans les lycées du premier Empire faisaient sauter les cœurs ! Ils sonnaient alors un son héroïque ; dans notre vingtième siècle, ils sonneraient creux. Et vous, jeunes gens, vous voulez que votre vie soit vivante, sincère et pleine. C’est pourquoi je vous ai dit, comme à des hommes, quelques-unes des choses que je portais en moi.

 

 


[1] Allusion à la Verrerie Ouvrière d’Albi, une grande affaire pour Jaurès et le mouvement ouvrier dans les années précédentes. Rendue nécessaire par le lock-out des verriers de Carmaux par leur patron Resseguier (1895), la Verrerie Ouvrière d’Albi, propriété de l’ensemble du prolétariat, fut inaugurée à Albi le 25 octobre 1896 par Jaurès et Rochefort.

[2] Leur clameur heurte les étoiles d’or, Virgile, L’Énéide, II, 488 (trad. Les Belles Lettres, 2002).


Source : http://www.jaures.info/dossiers/dossiers.php?val=26_discours+jeunesse+%5Balbi+1903%5D

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 19:12

 Par Darthé-Payan

 

Relisons ce que disait Jean-Jaurès dans son admirable oeuvre "Histoire socialiste de la Révolution française" à propos de Robespierre.

 

Jaurès : « ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux Jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu’il a à ce moment toute l’ampleur de la Révolution est en lui .[…]Hors de lui le reste est secte. » (Histoire socialiste de la Révolution française, 1903)

 

 

 

                                                                  

 



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