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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 18:31

 Par Darthé-Payan

 

 

Depuis quelques temps, le Camarade Jean-Luc Mélenchon, Président du Parti de Gauche, le parti dont je suis membre, parle de Révolution citoyenne. C'est une belle perspective ! C'est beau projet !

 

Il en parle abondamment dans son dernier ouvrage "Qu'ils s'en aillent tous ! Vite, la révolution citoyenne !"récemment paru aux Éditions Flammarion.

 

  

 

 

Je vais en faire une première critique et notamment autour de la question de la Révolution citoyenne que propose le Camarade Jean-Luc Mélenchon.

 

 

 

 

 

L'Urgente nécessité de la Révolution citoyenne.

 

Pourquoi faire une Révolution citoyenne ?

 

Tout d'abord, cette révolution citoyenne doit être la volonté et le projet du plus grand nombre. Cette révolution citoyenne doit être l’œuvre du peuple mobilisé.

 

C'est reprendre, remettre en route, continuer et faire aboutir ce que Robespierre et les Jacobins ont entrepris voilà deux siècles et que Jaurès a essayé de synthétiser et de promouvoir : la République sociale pour l'émancipation de la personne humaine par la souveraineté et la citoyenneté. Bref la République et le Socialisme !

 

Pour cela nous devons éclairer, instruire, convaincre et aussi être porteur d'espoir et d'alternative auprès du peuple notamment, la classe ouvrière, la classe paysanne, les petits artisans et commerçants, les petits fonctionnaires. Nous devons lancer des Etats généraux républicains et prévoir la création d'Ateliers civiques au niveau de chaque circonscription.

 

Les politiques, les syndicats, les associations, les citoyens doivent converger pour que cette espérance républicaine d'émancipation voit le jour. Un Front d'Unité Populaire Pour la Révolution Citoyenne doit être créé pour unir, coordonner, dynamiser et aussi pérenniser cette démarche collective du plus grande nombre, au plus près du peuple, dans le peuple et pour le peuple. L'alternative républicaine de salut public qui mettra sur les rails la Révolution citoyennne.

 

Des convergences républicaines doivent être lancées autour des politiques, des citoyens qui souhaitent le plein retour de la souveraineté pour notre pays et de son peuple citoyen. J'avais appelé cela dans une précédente note : Convergences pour une alternative républicaine de salut public autour de la reconquête de la souveraineté.

 

 

Rompre avec l'Union Européenne pour retrouver notre souveraineté.

 

Notre pays, la France - notre patrie républicaine - doit quitter l'Union Européenne (UE), la Banque Centrale Européenne (BCE) et le Grand Marché Transatlantique (GMT) afin qu'il retrouve pleinement son indépendance et sa souveraineté. De cette démarche notre peuple retrouvera sa pleine souveraineté.

 

Annoncer la révolution citoyenne comme le fait Jean-Luc Mélenchon et d'autres dirigeants du PG ou du FDG sans quitter l'Union Européenne, la BCE, le GMT c'est rendre impossible le commencement d'un mouvement révolutionnaire et de reconquête républicaine ou le tuer dans l’œuf. La reconquête révolutionnaire de la souveraineté pour la citoyenneté commence par ce départ des institutions européennes et transatlantiques en cours ou à venir. Puis également, nous obligera à rompre avec les structures telles que l'OTAN, le FMI et l'OMC.

 

Ne pas voir aujourd'hui que l'Union Européenne est la nouvelle prison des peuples, le fossoyeur de la souveraineté des États-nations et du peuple souverain c'est grave et démontre le degré de domestication européiste d'une système gauche qui se dit radicale ! Le Parti de Gauche n'échappe pas à la règle préférant divaguer et dériver vers le tout écologie et le tout sociétal au dépend des questions républicaines et laïques, de souveraineté nationale et des questions sociales passant d'un républicanisme socialiste à un libertarisme écolo européiste.

 

Les partisans de la Révolution citoyenne ne doivent pas perdre de vue que l'Union Européenne, impose à notre pays, notre parlement, ce qui bon lui semble. En vérité, la Commission de Bruxelles impose à chaque pays ce qui permet à l'espace européen de devenir le grand marché de la concurrence et non faussée. Directives sur la déréglementations de tel ou tel marché ou sur la mise en concurrence des services publics et l'ouverture au privé,ici. Recommandations sur la non prise en cause du principe absolu de la concurrence, là. Ne pas voir aujourd'hui que notre parlement national n'a plus aucune marche de manœuvre est grave !

 

Je voudrais rappeler ici que 80 % des lois françaises votées ces quinze dernières années sont de simples retranscriptions des directives, des recommandations ou encore d'observations de la Commission Européenne. Jean-Luc Mélenchon doit se rendre compte qu'il n'aura aucune marge de manœuvre en 2012 - s'il est élu à la Présidence de la République -pour mener la Révolution citoyenne ou un plus juste partage des richesse pour mener à bien par exemple le rétablissement de la retraite à 60 ans ou encore de mette en place un plan pour relancer l'économie et la définanciariser !

 

 

De plus, depuis le Traité de Maastricht dont le Traité de Lisbonne reprend le contenu, les États de l'Union-Européenne doivent faire en sorte que les déficits des comptes publics ne dépassent pas 3% du PIB. S'il y a eu des largesses, des tolérances en 2008-2009 accordées par la Commission de Bruxelles c'était que pour simplement permette le sauvetage du système bancaire en crise et d'injecter des fonds publics afin de relancer les investissements bancaires et éponger les dettes des opérations telles que le subprimes. Le Traité de Maastricht, qu'a soutenu, voté et approuvé le Camarade Jean-Luc Mélenchon, dessaisit les États-nations de la création et de la gestion de la monnaie et de la fixation des masses monétaires et des taux directeurs qui sont confiés depuis le traité de Maastricht à la BCE. Cette BCE qui n'a pas pour objectif la Révolution citoyenne ni le meilleur partage des richesses mais la lutte implacable contre l'inflation par le haut degré de tenu de la valeur de l'Euro notamment face au Dollar.

 

L'Economie de guerre qui lamine la souveraineté des nations et du peuple et qui anéantit sans coup férirles acquis des luttes ouvrières et républicaines.

 

L'heure n'est plus dans la générosité budgétaire et financière des États et de la tolérance des Commissaires européens. L'heure est à l'économie de guerre avec son lot de rationnement (investissements, financements, production, redistribution, solidarité, consommation), de décroissance, économique, d'austérité budgétaire et financière, de remise en cause des emplois publics, des services publics, des acquis sociaux, des États providence avec en premier lieu les retraites. Le Capitalisme financier transnational et apatride a décidé de se sauver par le rationnement de tout les compartiments de l'économie, de tous les facteurs de production. Le but c'est de réduire l'endettement public et celui des systèmes de solidarité en premier lieu, puis ensuite, l'endettement du secteur marchand puis ensuite le tour de vis touchera l'endettement des ménages.

 

L'économie de guerre, c'est ce qui est imposé à la Grèce avec la dureté que l'on voit et la remise en cause sans précédent des acquis et protections. Le rationnement économique touche à présent l'Espagne et le Portugal afin les remises en cause des retraites, des allocations de solidarités, les fermetures de services publics. Depuis peu, la Grande Bretagne impose le rationnement par la cure d'amaigrissement du secteur public avec pas moins de 500 000 postes de fonctionnaires supprimés ! Le fait notable c'est que la Grande Bretagne est dans l'UE mais pas dans la Zone Euro. Preuve que l'on soit dans l'Europe ou en de l'Europe (Islande) ou dans la zone Euro (Grèce, Espagne, Portugal, Italie, France) ou hors comme la Grande Bretagne la cure de rationnement s'impose au peuple de manière industrielle, cynique. Un par un les acquis du monde ouvrier sont anéantis. Jour après jour, les fondements de la souveraineté des États-Nations et du peuple souverain et citoyen sont remis en cause. La mise sous tutelle (véritable coup d'état de la Commission) des budgets des 27 États membres de l'UE et des plans de relance de 2008-2009 n'en est que la remise en cause la plus affirmée et la plus récente.

 

La Grèce soumise et dépecée qui a du se résoudre à accepter la purge qu'organise l'UE, et les ordonnances des Docteurs du FMI. C'est du remède de cheval qui est imposé à l'un des Etats membres de l'UE et de voir que l'UE accompagne et que les 26 autres Etats membres ont validé cette purge draconienne de rationnement et de décroissance comme ils ont validé l'acquisition de la dette grecque, les ports et la flotte marchande de l'Etat Grec par la Chine. Bonjour la souveraineté des Etats et l'Europe protectrice !

 

Vouloir la révolution citoyenne sans quitter l'Union Européenne s'est tuer dans l’œuf l'espoir de ce mouvement qui serait amené à être lancé.

 

Le Grand Marché Transatlantique voté par l'UMPS et EE dans le dos des citoyens fait de notre pays la France, notre patrie républicaine, un simple territoire marché de l'empire États-uniens. La France comme l'Europe d'ailleurs deviendront des petits vassaux de la puissance impériale États-unienne en lutte pour la survie de sa domination économique et pour le fonctionnement optimisé du capitalisme transnational. Ce processus transatlantique qui ne permettra que comme structure intégrée l'Europe des Régions et des Communautés liquidera définitivement la souveraineté de notre pays et de celle de son peuple. Pourquoi, plus personne ne parle du GMT à Gauche en général et au PG en particulier ? oui pourquoi ? On attend quoi pour réagir ? d'être le 02 janvier 2015, le lendemain de son entrée en application ?

 

Croyez-vous une seule seconde, chers Camarades, que la Révolution citoyenne sera possible dans le cadre du Grand Marché Transatlantique ?

 

 

Un programme qui ne peut se faire sans le plein retour à la souveraineté populaire et nationale et sans la socialisation de l'économie.

 

Parmi les autres points généraux que traite Jean-Luc Mélenchon et pas seulement dans son livre mais également lors du meeting le 18 octobre dernier au Théâtre Dejazet à Paris. Il y a la refondation républicaine qui est constitutive de la Révolution citoyenne, la redistribution des richesses par l'impôt, la planification écologique, la paix.

 

Mais comment engager la refondation républicaine de notre pays sans en avoir la pleine souveraineté politique, législative, monétaire, budgétaire et économique ? Comment engager la redistribution par l'impôt ? Comment sortir du Traité de Lisbonne ? Comment mettre en place la planification (pourquoi qu'écologique ? ) ? Là encore des ruptures sont nécessaires voire obligatoires : la rupture avec l'Union Européenne, la BCE et le GMT et la rupture avec le système capitaliste de libre échange avec pour cette dernière la souveraineté du politique et du citoyen sur l'économie et les marchés d'une part et l'appropriation collective et sociale des moyens de production, d'investissement et d'échange d'autre part. Bref la reconquête de la souveraineté populaire et nationale et la socialisation de l'économie.

 

 

Également comment relocaliser la production et mettre des protections de notre marché intérieur sans quitter l'Union Européenne ? Nous savons tous que l'Europe supprime toute les entraves à la concurrence afin qu'elle ne soit pas faussée alors pourquoi proposer des protections et de relocalisations tout en restant dans l'Europe libérale et fédérale ? Double langage ou impuissance ?

 

Autre point insuffisant, le camarade "Méluche"propose pour notre pays le retrait du Commandement intégré de l'OTAN et le retrait des forces militaires françaises engagées en Afghanistan. Pourquoi demander simplement que le retrait du commandement intégré de l'OTAN et pas le retrait pur et simple de notre pays de cette organisation impérialiste militaire ne servant que les intérêts États-uniens et exiger sa dissolution ?

 

 

Pour terminer cette longue note, je dirais au Camarade Jean-Luc Mélenchon que la Révolution citoyenne sans retrouver la souveraineté populaire et nationale (et donc quitter l'Union Européenne, la BCE et le Grand Marché Transatlantique) n'est que pure illusion ! C'est cette révolution qu'il nous faut accomplir.

 

 

 

Que Jean-Luc Mélenchon médite   ce propos de Robespierre, notre modèle commun : "Citoyens, vouliez-vous une Révoluton sans révolution ?"(Robespierre, le 5 novembre 1792 à la Convention)

 

 

 

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commentaires

Pierre Urville 27/10/2010 18:54



Je suis d'accord avec tout cela, mais il est peu probable que Meluche le soit.


En fait, ton texte est un texte national republicain, plus proche de Chevenement que de Melenachon qui veut depasser les "particularismes nationaux" pour se concentrer sur les "interets de
classe" (c'est ce qu'il a dit sur son blog). C'est en ce sens que sa position sur l'Europe est en ligne avec sa strategie euro-gauchiste. Melechon a tourne le dos au socialisme republicain
francais et fait la meme erreur que Jaures en draguant le socialisme fataliste allemand a la Die Linke. Tout le probleme est la.  



Darthé-Payan 30/10/2010 16:15



@ Pierre Urville


Je fais le constat depuis que le PG qui aurait du être un parti républicain socialiste s'est transformé en pauvre PSU européiste  et c'est là que le bas blesse et que Méluche n'avance plus.
PG et FDG c'est entre 5 et 7 % en moyenne nationale mais dans le cadre de liste. Combien de % sur  Méluche ou Chassaigne ? Pas les syndages mais les suffragess ?


Suis-je plus proche de Chevènement, cela me génerait aucunement  si Chevènement était clair vis à vis de l'UE et vis à vis du PS.


Ensuite, je suis républicain socialiste et jacobin et je pense qu'en république, il y a un intérêt général qui est supérieur aux intérêts privés, particuliers, catégoriels ou de classes. Je suis
pour que chaque citoyen dépasse ses intérêts de classes est se transcende pour l'intérêt général, la chose publique. C'était la position de Mélenchon au PS, au temps de PRS (relire le manifeste
de PRS) maintenant il a évolué dans un discours gauchard libertarien. J'affirme que c'est une erreur et en plus cela n'entraine nullement une radicalité dans le programme. Regarde l'ébauche du
projet du PG ou les quelques propoisitons du PG sur l'Europe rien n'est proposé pour rompre avec l'UE, la BCE, le GMT qui sont des fossoyeurs de la souveraineté populaire et des états. Sur la
rupture avec le capitalisme rien ne bien consistatn et sérieurx n'est annoncé ! Il y a que sur l'écologie mais là c'est pas un projet politique c'est du domaine métaphysque ou  du dogme
religieux (déesse nature) donc pas de discussion possible !


Die Linke n'est pas pour l'Europe des Etats nations et du peuple souverains mais bien dans le pure fédéralisme européiste et cela depuis le début de leur mouvement. Il n'a pas un programme
républicain social ni de programme de rupture avec le capitalisme et le libre échange. l'influence de Die Linke sur la GUE est sans égal et le PCF comme le PG s'y résouent.


Je dirais que Méluche fait du Guy Mollet  gauchard, Verbe dur et programme mou. On n'attendait pas cela d'un Mélenchon qui en 2010 vieillit fort mal !



Voltaire République 27/10/2010 11:48



Merci citoyen pour la refonte de présentation de ton blog qui prend en compte les impondérables ésopiens de lecture d'icelui. Bonne et longue vie au blog!



Darthé-Payan 30/10/2010 15:58



@Cher Citoyen Voltaire République


Merci aussi à toi de  ta venue. J'essaie d'améliorer mon blog pour qu'il soit plus lisible, aéré. Je continuerai à le rendre plus accessible petit à petit. Je le remettrais sur le métier
chaque fois nécessaire.


Salut et Fraternité.


D-P.



Olivier Lecoeur 26/10/2010 20:44



@Darthé-Payan


Belle analyse et constat que je partage. Notre projet de Révolution citoyenne doit s'appuyer sur le peuple souverain et mobilisé. Or l'Europe empêche toute souveraineté à ce peuple.


Mélenchon, s'il veut être pris au sèrieux doit proposer la sortie de notre pays de l'UE sinon son discours restera ambigü et surtout montrera le double langage qui à terme deviendra destructeur.


Je trouve aussi désespérant que Mélenchon fasse aujourd'hui que des petites phrases à l'emporte pièces pour que les médias rapportent ses propos ou que cela fasse un buzz. C'est vivre à courte
vue et aussi être fort éloigné du peuple et de ses problèmes concrets de la vie de tous les jours.


Bien fraternellement.


Olivier



Darthé-Payan 30/10/2010 15:53



@Olivier,


Je pense que l'insuffisance programmatique  et politique du PG  (absence de corpus idéologique défini; programme politique cohérent, apréhendable par le plus grand nombre et
chiffré, la stratégie d'alliances° foit que le principal leader du PG est obligé d'allimenter la blogosphère méidatico-politique en faisant un buzz toute les semaines. Comme toi, je trouve cela
désespératnt !


Sarkozy a gagné sur les retraites et les syndicats vont tôt ou tard l'admettre. La négociation sur le travail des séniors(sic) et sur l'emploi  des jeunses(sic) va s'ouvrir et le mouvement
social s'arrêtera. La connivence d'opportunités à ce sujet était flagrante entre Dame Parisot et Chérèque à l'émission "Mots croisés" lundi soir dernier. Thilbault ne bronchait pas ! Après cela
on voit bien que les politiques de gauches ont l'air emmerdé ! Si Aubry a joué ambigû - elle ne pouvait faire que cela et en même temps elle ménage la chèvre et le chou) d'autres en se rangeant
derrière les consignes syndicales ambigües du duo domestiqué (Thilbault et Chérèque) se retrouvent coincés. A qui la faute ? Sarkozy a joué finement, puis a été capable de passer en force vu que
le mouvement social n'avait pas de relais politique donc pas de débouché politique. Sarko savait que le mouvement contre la réforme des retraites était mou ou vague dans les motifs, les objectifs
et ne pouvait que s'étioler.


Que Mélenchon qui veut faire la révolution citoyenne est joué mou tout en criant fort et bien cela est désespérant et aussi fait que Mélenchon soit obligé de faire dans le buzz pour pouvoir
montrer une posture. J'aurais préféré un Mélenchon, combattant et responsable qui joue son rôle de politique et donc propose un débouché politique au mouvement social. Mélenchon sabotte-t-il sans
le savoir ses propres chances à la présidentielle ?


A bientôt de te lire.


Salut et Fraternité.


D-P.



Poyo 25/10/2010 15:41



Salut D-P,


Quand tu parles de socialisation des moyens de production, je dois traduire par:


-nationalisations (dans ce cas ce n'est pas exactement une "socialisation" mais une solution intermédiaire)


-entreprises autogérées par les travailleurs dans des formes diverses type coopérative de production, mutuelles.. dans ce cas quelles organisations des unités de production entres elles? modèle
concurentielle et mécanisme de marché d'O/D ou regroupées dans une fédération industrielle ou encore même les deux comme le pensait PJ Proudhon


Quand tu parles de planification, c'est:


-Des grands investissements d'Etat après 45 type parc énergétique nucléaire et hydroélectrique, aménagement du territoire,fusée, aviation, trains...


-D'une économie planifiée type soviétique


Quand tu parles de refondation républicaine de nos institutions, je suppose c'est remettre l'intérêt général au centre, mais ca induit quelles modification de nos institutions politiques?
République parlementaire, mandats des élus réduits, mandats impératif/représentatif, quelle découpage du territoire, décentralisation ou non, quelles rôles pour chaques pouvoirs?


J'ai d'autres questions qui me viennent je te les poserai plus tard c'est déjà pas mal si tu réponds à ca!


Bonne continuation à toi et à ton blog.


Poyo



Darthé-Payan 25/10/2010 20:10



 


Salut Poyo


Merci pour ta venue et ton commentaire.


Ce que j'entends par socialisation c'est dans un premier temps un transfert de le propriété privée des moyens de production, d'investissement et d'échange vers la propriété collective et sociale
ensuite viendra la transformation des rapports de production dans ces nouvelles entitées puis l'exercice de contrôle, d'ajustement fait de manière collective et citoyenne. En fin de compte c'est
d'aller vers la souveraineté populaire dans l'entreprise sous la forme d'une gestion démocratique et collective. Bien sur, il y aura les finalités de gestion et de production etc...
L'intérêt général primera. 


Cette socialisation revêtira différentes formes de propriété. La propriété publique (nationale, municipale, départementale) puis elle pourra se présenter sous la forme d'entreprise sociale telles
que les coopératives, les entreprises associatifs, les ateliers nationaux et sociaux, les entreprises mutualistes et enfin les entreprises autogérées. Le but c'est que la citoyenneté et la
souveraineté soient effectives jusque dans les entreprises. En son temps Jaurès, définissait le socialisme par rapport aux structures sous la forme de différentes  types de propriétés : la
propriété publique et collective (nationalisation), la propriété municipale, la propriété coopérative, la propriété corporative.


Il y a d'autres formes de socialisation par exemple la création d'office publique par produits ou groupes de produits dans l'activité économique agricole.


Il y a aussi des structures mixtes publiques-privées ou publiques-coopératives.


Les nationalisations de 1936-1945-1982 n'ont abouti qu'à un transfert de propriété. L'objectif d'une gestion démocratique, sociale, d'intérêt général a fort peu pénétré ces nouvelles entreprises
nationalisées. La gestion d'une entreprise publique ou sociale, sa finalité, ses objectifs, ses moyens et les contrôles doivent être différents de ceux pratiquent les entreprises privées
marchandes. Sinon à quoi bon nationaliser ?


Pour ce qu'il concerne les coopératives, les structures mutualistes et mutualisées et bien elles doivent retrouver l'essence même de la raison pourquoi elle ont été créée et donc abandonner les
critères de gestion capitalistes, ou managériales.


Je suis très favorable à la socialisation de l'investissement et des réserves des entreprises marchandes (part des bénéfices qui est affectée aux différentes réserves) et qui devraient abonder un
fonds d'investissement mutualisé placé auprès d'une banque nationale d'investissement dans le cadre de la planification et des contrats de plans et de projets.


Pour ce qui du secteur de l'économie sociale (coopératives, mutuelles, entreprises associatives, entreprises mutualisées, ateliers sociaux ou nationaux, entreprises autogérées) et bien je suis
favorable à des unions et des fédérations afin de coordonner et de mieux développer dans le cadre de la planification économique (contrat de plan passé entre les unions et les fédérations
d'économie sociale avec l'Etat ou telle ou telle collectivité locale et aussi contrat d'investissement avec la BNI et les Banques coopératives et mutualistes) d'une part et concurrence d'autre
part. Le marché autant que possible. Le plan autant que nécessaire.


Je suis un grand partisan d'une politique économique volontariste de développement et de reconquête dans le cadre de la planification qui ne sera ni celle du gosplan soviétique, ni celle de
l'ardent obligation gaulliste et sous celle trop superficielle de la gauche des années 80. La planification devra être démocratique (discussion, débat, Etats généraux, vote au parlement etc..),
impérative (services publics, secteur public et nationalisé, banques, assurances, société de participations publiques, offices publics par produits), contractuelles et incitatives (collectivités
locales, unions et fédérations d'économie sociale, entreprises marchandes qui le souhaiteront...), indicatives et incitatives pour le secteur privé restant. La planification devra être financée
(budget, emprunt,impôts, BNI, banques, fonds d'investissements), contrôlée, et ajustée. Les grands éléments seront les objectifs, les projets, les financements, les applications et les
évaluations.


Je suis pour une reindustrialisation de la France - investissements en industrie lourde pour reconquérir notre marché intérieur (plan sectoriel et sélectif dans le cadre du plan, objectif de
retour de secteur sidéurgique, de la machine outil, du textile, du meuble,  rétablir également les activités agricoles dans le cadre d'une agriculture productive équilibrée et de la synergie
avec l'Entreprise rurale (à créer), lancer des programmes de l'industrie innovante, le spatiale, les transports, porter en 2030, les dépenses en matière de recherche à hauteur de 5 % du PIB.
Mettre en place un schéma directeur d'aménagement du territoire en infrastructures lourdes (complexes portuaires, canaux traversaux, plateformes multimodulaires transports, équipements
industriels collectifs, services publics, logement, politique énergétique diversififiée, complémentaire et donnant la capacité à notre pays de produire (reinvestissement dans l'hydraulique, le
pétrole, le gaz, le charbon et développement du secteur nucléaire de masse et également développement de l'éolien, du solaire etc... En fait en Jacobin ne pas mettre les oeufs dans le même
panier !).


Pour ce qui est de la refondation républicaine de la France et de la société ce n'est pas seulement le retour de l'intérêt général partout et pour tous mais également c'est le plein retour pour
notre pays à sa souveraineté nationale et populaire (mettre en perspectives la sortie de notre pays de l'union européenne);mais aussi l'unité et l'indiviisibilité de la république donc avec au
final l'abrogation des lois de décentralisation de 1982, de l'acte 2 et de la réforme des collectivités locales et le retour à une forme de cohérence et de centralisation avec le retour en force
du Préfet, Commisssaire de la République. C'est la continuité et l'égalité territoriale. C'est également l'égalité des droits et la laïcité et donc le refus du communautariseme, des
particuliarismes culturels, religieux, régionaux,de quartiers, consuméristes etc... C'est le processus d'assimilation citoyenne et souveraine au détriment des actuelles intégrations
différencielles ou des communautarismes. C'est la supériorité du politique et du citoyen sur l'éocnomie, c'est le citoyen souverain plutôt que le client consommateur, c'est la vertu républicain
par l'implication et la participation des citoyens à la res publica (la chose publique) etc... C'est aussi l'universalisme des Lumières qui permet à la France de rayonner à travers le monde et de
porter les valeurs d'humanisme et d'émancipation. C'est la république par simplement dans les institutions. C'est la république dans la cité, dans l'entreprise, dans les écoles, dans les
représentations de la France à l'étranger, dans une politique de coopération et de développement pour l'universel (création d'un corps de coopérant de l'universel).


 


Je suis pour la république démocratique parlementaire représentative. Je suis contre la démocratie exclusivement directe ou impérative (referendum sur tous les sujets, élections tous les ans,
mandat impératif). Je suis pour un éxécutif collégial et fort (le Conseil de la République composé du Comité de la République et du Collège gouvernemental) élu par le parlement composé d'une
seule assemblée nationale (monocaméralisme) qui votera l'investiture du Premier ministre et le contrat de législature. Au niveau de la circonscritption je suis un farouche promoteur des ateliers
civiques. Assemblée primaire dans laquelle le citoyen aura la capacité de changer ou de faire évoluer une loi.  Je suis aussi pour le referendum à l'initiative de l'éxécutif ou du parlement
ou de manière locale à l'initiative du conseil municipal.


La démocrate sociale aussi c'est la république qui doit entrer dans les petites monarchies que sont les entreprises avec le salarié producteur mais aussi citoyen et souverain et donc pleinement
acteur et particpant à la gestion de l'entreprise comme le prévoit le préambule de la Constitution de 1958 reprenant celui de celle de 1946. Je la définie cette gestion de démocratique et
collective.  Je suis aussi favorable au retour des élections des administrateurs de la sécurité sociale, des caf et de ce qui est maintenant pôle emploi. De plus je suis favorable à un
parlement social composé des élus syndicaux et patronaux au niveau des branches professionnelles et par branches d'activités. Ces élections auraient lieu le même jours pour tous les secteurs et
pour une durée de 2 ans. Ce serait une forme de démocratie sociale corporative chère à Jaurès et à Louis Blanc.


Voilà Poyo, mes réponses détaillées à tes questions. J'ai voulu un peu développr ma réponse pour que tu aies un large aperçu de ce qu'un Jacobin propose dans le cadre de la socialisation, la
planification ou encore dans le cadre de la refondation républicaine par la souveraineté et la citoyenneté. Beaucoup de ce que je viens de présenter on été proposé sous forme de contribution ou
d'amendement au débat dans le cadre du projet du PG et fort peu ont été retenues voire même étudiées sérieusement.


C'est avec plaisir que je te lirais. C'est avec plaisir que je répondrais à d'autres questions.


En plus, je te mets le lien pour atteindre le Manifeste Jacobin.


http://darthe-payan-lejacobin.over-blog.com/article-le-manifeste-jacobin-pour-la-republique-et-le-socialisme-55040162.html


Les différentes propositions que j'ai formulées un peu plus haut font partie de plusieurs contributions de Jacobins et qui seront assemblées et présentées durant le mois de Décembre.


Salut et Fraternité.


D-P.



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