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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 18:22

 

 

Par Darthé-Payan

 

 

Le retraite à 60 ans c'est fini tel en a décidé le Président Sarkozy et le Gouvernement Fillon. La droite libérale, européiste et antisociale vient de détruire l'une des plus belles conquêtes du mouvement ouvrier et une des plus belles lois sociales votées à l'initiative de gouvernement de la Gauche issu du programme commun sous la présidence de François Mitterrand.

 

 

BREF RAPPEL HISTORIQUE

 

La retraite à 60 ans, l'une des réformes majeures de la gauche au pouvoir est entrée en application en 1983. Elle fait partie du lot des conquêtes sociales soit arrachées par le mouvement social et syndical soit par l'initiative transformatrice et progressiste de certains gouvernements.

 

L'Etat providence, la solidarité nationale, la protection sociale, la securité sociale, les retraites sont des salaires différrés certes mais aussi la propriété des gens qui n'ont rien. C'est la propriété commune et sociale qui a commencé par le Grand livre de la Bienfaisance (première ébauche d'une securité sociale) sous la convention montagnarde et à l'initiative des Jacobins notamment Robespierre. Puis tout au long du IXXème siècle notamment sous la Troisième République, les premières caisses de secours ouvriers, les premières retraites celles des mineurs (soutenues et proposées par Jean-Jaurès), les assurances sociales puis la grande oeuvre du Conseil National de la Résistance avec la Sécurité Sociale et bien sùr les retraites par répartition et la possibilité de prendre sa retraite dès 65 ans.  Puis viendront les retraites complémentaires et l'allocation chômage dans le cadre des négociations paritaires. La Gauche revenue au pouvoir entreprend le dernier étage ce cette grande oeuvre républicaine, collective, politique et sociale en établissant la retraite à 60 ans.

 

Après le retour en force de l'idéologie libérale, avec  la mondialisation capitaliste puis avec l'Europe de la concurence libre et non faussée et du libre échange, les conquêtes sociales sont remises en cause sans cesse années après années notamment et principalement par les gouvernements de droite (Balladur en 1993, Fillon en 2003 et aujourd'hui, avec le projet de réaction sociale, de regression sociale proposé par Sarkozy et Fillon et le Ministre Woerth). Il eût la remise en cause du calcul sur le salaire des dix meilleures années en préférant les 20 meilleures années, puis les 40 annuités pour le privé. Si les grandes grèves de 1995 ont permis au mouvement social de faire reculer les projets de Juppé. Le répis, qui permettra de lancer les retraites par l'épargne, la capitalisation et les fonds de pensions ; débouche sur un  lot  continu de remises en cause des régimes de retraites avec le passage aux 40 annuités pour les fonctionnaires avec Fillon en 2003, puis la remise en cause des régimes de retraite. D'abord les régimes  spéciaux en 2007, entre temps des  mesures entraient  en application avec les 41 ans, 42 ans, etc...et  puis vient le tour du symbole  de la retraite à 60 ans qui disparait ce 16 juin 2010.

 

 

LE PROJET(1) DU GOUVERNEMENT SARKOZY-FILLON UNE CONTRE REFORME SOCIALE REGRESSIVE ET REACTIONAIRE

 

Le gouvernement Sarkozy-Fillon propose donc de porter l' âge légal du droit commun à la retraite de 60 à 62 ans en 2018, certes cette évolution est progressive mais c'est une régression sociale, une réaction sociale qui est sans précédent. Depuis deux siècles - à part la triste période du Gouvernement de Vichy - la France républicaine avançait dans le progrès social tant dans le droit du travail, de la protection sociale que des retraites. C'est la première fois donc que notre pays, n'évolue plus vers le progrès social et la solidarité nationale. C'est une première qui fera date même si les premières remises en cause  ont été faites il y a près de vingt ans comme je le rappelais un peu plus haut dans mon propos.

 

 

Le gouvernement Fillon traite la question de la pénébilité du manière hypocrite et régressive là aussi. La pénibilité n'est plus un principe défini collectivement mais individuellement par le médecin à tel ou tel salarié. C'est là aussi une régression, une position réactionnaire et antisociale qui doit ravir le patronat.

 

 

Les mesures de financement  - outre l'augmentation des durées de cotisations et du départ légal à la retraite à 62 ans (67 ans avec le système des décotes) - s'appuient sur l'augmentation de recettes supplémentaires telles que la création d'un prélèvement de 1 % sur la dernière tranche de revenus, l'augmentation de 1 point des prélèvements sur les plus values de cessions mobilières, des cessions immobilières et du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et les intérêts. Le gouvernement Fillon propose aussi une augmentation sur les stocks options avec le passage de la contribution de l'employeur de 10 à 14 % et celle des salariés de 2,5 à 8 %. D'autres mesures touchent les retraites chapeau et notamment en affectant le 1er euro de rente versée à partir d"un seuil de 1000 euros ainsi qu'une contribution de 14 % sur le bénéficiaire. Je m'arrête là...

 

 

Toute ces mesures de financement sont certes un premier pas de la participation à la solidarité nationale des revenus du capital, des revenus du foncier ou de l'immobilier et des revenus salariaux les plus élevés. Mais largement insufisant.

 

 

UNE ALTERNATIVE REPUBLICAINE ETAIT POSSIBLE

 

 

La Retraite à 60 ans aurait put être maintenue, pérennisée et financée en lui intégrant une réforme républicaine et progressiste dans le droit file de l'idéal républicain, bâtisseur et solidaire du programme du CNR.

 

Une retraite par répartition avec un âge légal de départ à 60 ans, pour 37,5 annuités de cotisations, sur un salaire moyen des dix meilleurs années et à hauteur de 75 % du salaire de référence telle aurait du être la réforme républicaine et sociale de progrès qu'aurait due proposer, porter et défendre les syndicats et les partis de toute la gauche. Hélas rien ne vint de ce côté là. La droite et le MEDEF en profiteront.

 

Pour se donner des marges de maneuvre, de relance et de développement économique notre pays, notre patrie républicaine, doit rompre avec l'UE,  la BCE, le GMT et retrouver sa pleine souveraineté nationale et populaire. Egalement une politique d'inspiration républicaine, socialiste et jacobine se donnerait un deuxième objectif de marge de maneuvre en se réappropriant le pouvoir économique par la nationalisation, la socialisation des moyens de production, d'investissement, d'échange et de la monnaie.

 

J'ai toujours était partisan du maintien de la  retraite par répartition avec un âge légal de départ à 60 ans, pour 37,5 annuités de cotisations, sur un salaire moyen des dix meilleurs années et à hauteur de 75 % du salaire de référence et une prise en compte collective de la question de la pénébilité au travail tout au long de la vie du salarié. De plus les salariés qui ont une carrière longue, qui ont commencés à travailler à 14, 15, 16 ou 17 ans doivent pouvoir prendre leur retraite avant leur soixantième anniversaire.

 

Egalement, j'ai proposé  que les années d'études post bac, les années de formation professionnelle, les années de l'alternance (apprentissage, contrat de professionnalisation), les stages et les périodes de chômage soient prises en compte dans le calcul de la retraite et dans le nombre des annuités. Et là, passer à 40 annuité en tenant compte de tout cela n'aurait pas été une régression sociale mais un progrès social commun et solidaire.

 

D'autres pistes pouvaient être prises en considération notamment celles de l'élargissement des sources, des taux; des assiettes et des assujetis. Faire participer les revenus du capital, les plus values immobilières et mobilières, les revenus fonciers, les stocks options à la même hauteur que les revenus salariaux.

 

Ensuite supprimer le plafond de la sécurité sociale sur le bulletin de paie.

 

L'indexation des retraites sur les prix et aucune retraite inférieure au SMIC.

 

Créer une contribution sur les mouvements de capitaux.

 

Mettre en place une politique économique de développement volontariste tournée vers la reconquête du marché intérieur, les soutiens et les protections à l'exportation et créer par cette nouvelle politique économique républicaine et d'intérêt général des emplois. L'emploi salarié est la meilleure source de financement des retraites comme d'ailleurs de la sécurtié sociale et de l'assurance chômage. Développer aussi l'emploi public et les ateliers sociaux puis lancer un vaste plan de valorisation des métiers et de la production.

 

Lancer un plan de large redistribution et  de large répartition des richesses. L'impôt républicain direct, progressif , redistributeur et financeur de l'intérêt général, du développement et de la solidarité.

 

Je m'arrête là car mes propositions ne sont pas exhaustives.

 

 

LES SYNDICATS SUR LE RECULOIR, LA GAUCHE POLITIQUE DESUNIE ET INNEFICACE FONT QUE LE RAPPORT DE FORCE DEVIENT VITE UN RAPPORT DE FORCE FAVORABLE AU GOUVERNEMENT ET AU MEDEF

 

Les manifestations et les appels à la grève ne changeront rien, la cause est entendue, les carottes sont cuites et la retraite à 60 ans a fini d'exister. La réaction sociale est partout présente et enfonce jour après jour les acquis sociaux et de solidarité de notre peuple citoyen. Les syndicats accompagnent depuis belles lurettes la réaction sociale et sont pour beaucoup dans la faible mobilisation (journée et manifestation sans lendemain, refus de grève générale ou tout au moins de mouvement qui dure, etc...) telle est aussi la triste réalité du mouvement social.

 

La mobilisation en demie teinte et un peu désunie fait que le gouvernement se sent fort et c'est lui qui mène le jeu et les syndicats n'auront qu'a accepté comme d'ailleur le peuple citoyen.

 

Ce peuple citoyen, qui souffre, qui a de plus en plus tendance à se replier sur lui même en ces temps de crise et de réaction sociale font que la mobilisation, la lutte des classes sont faibles.  Les gens sont très préoccupés par la baisse de leur pouvoir d'achat, par le chômage ou la peur de s'y retrouver, par les questions de paiement  des loyers ou des traites des crédits en cours, par leur demande de logement qui traîne, par les questions de sécurité et par l'avenir scolaire de leurs enfants. La question de la remise en cause de la retraite à 60 ans les a parfois laisser de marbre. C'est un constat que j'ai fait dans mes rencontres et là ou là cela fait mal et tout cela se constate dans la faible mobilisation des salariés, des gens pour défendre la retraie à 60 ans. Après celle de 2003 (40 années pour les fonctionnaires) et celle de ce 16 juin 2010 - sans préjuger des débats parlementaires et des négociations (pardon concertation) syndicats, patronat et gouvernement - la droite gagne une nouvelle fois par KO debout ! 

 

 

LA GAUCHE POLITIQUE JOUE UN JEU TROUBLE

 

Si Sarkozy a bien manoeuvré, la Gauche n'est pas exempte de reproches, loin sans faut. Le PS dans un premier temps par la voix de sa Première Secrétaire annoncé qu'il était favorable à une augmentation de la durée de cotisations puis voyant venir le tollé, fît machine arrière et proposa de défendre le maintien de la retraite à 60 ans mais en tenant comptes des réformes successives (Balladur et Fillon) bref, incohérence et inéficacité.

 

Même le PCF et le PG - malgré des propositions intéressantes pour ce dernier  (2)  et que je partage largement -  ne sont pas à l'abri des reproches et notamment mon parti le PG qui dans ses textes de tract ou dans ses dernières propositions ou encore  dans les propos de son Président, le camarade Jean-Luc Mélenchon parlent de la retraite à 60 ans mais sans jamais évoquer les 37,5 annuités de cotisations ce qui entrainent  de leur part et de facto la reconnaissance et la  prise en compte des 40 années et donc des réformes réactionnaires et de régression sociale que furent celles de Balladur en 1993 et celle de Fillon en 2003. Discours ambigü donc au PG et pas aussi mobilisateur et porteur que l'on aurait pu attendre d'un parti s'affirmant d'être de la gauche radicale ! Donc la logique et la clarté auraient dù pousser le PG et Jean-Luc Mélenchon à affirmer haut et fort le retour aux 37,5 annuités de cotisation.

 

DES PISTES FECONDES PROPOSEES

 

Des pistes fécondes et intéressantes furent pourtant proposés dans la gauche politique ou syndicale, la CGT ou FO   proposérent une réforme intéressante et progressiste, d'autres comme le POI ou le NPA lancèrent des campagnes faites de convergeances auxquelles les autres partis de la gauche (PG, PCF, PS) n'y répondirent que partiellement ou localement sans grande mobilisaion ni participation.

 

Je me permets de souligner les excellents travaux de la la fondation Copernic alliée avec ATTAC qui ont proposé pétition, documents et propositions alternatives et également les travaux des deux compères socialistes Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné.  Le PG a fait fort tard des propositions (2) ce qui a mon humble avis a  manqué au dynamisme et à l'explication. Des alternatives étaient donc possibles et pourtant comme pour le mouvement social , le mouvement politique est atone et sans grande dynamique.

 

EN CONCLUSION

 

Le rapport de force est donc favorable au gouvernement et au patronat. Est-ce que l'avenir politique, social et syndical démentira cette tendance et la renversera ?  Nul ne le sait à ce  jour et seul l'avenir pourra nous le dire, même s' il faut être lucide, réaliste et reconnaître que le rapport de force est défavorable aux salariés, aux syndicats, aux partis de gauche et aux citoyens souverains.

 

Salut et Fraternité.

 

 

Notes

 

(1) Les trois documents disponibles qui traitent du projet de réforme des retraite présenté ce 16 juin par le gouvernement.  Pour ceux qui aiment ce genre de lecture voici le lien :

 

http://www.retraites2010.fr/projet-du-gouvernement-relatif-la-reforme-des-retraites

 

(2)  Les propositions du Parti de Gauche :

 

http://www.lepartidegauche.fr/editos/arguments/2797-forum-national-la-retraite-cest-fantastique-et-cest-possible-4-juin-2010

 

 

 

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commentaires

jean-jacques 18/06/2010 16:40


Salut fraternel et républicain à toi !
Entièrement d'accord avec ton analyse ! par quelle aberration ce pays laisse t'il ses jeunes au chomage pour faire travailler ses anciens plus longstemps ?
C'est une entreprise de destruction du modèle social français (Front Populaire, CNR) qui est à l'oeuvre !
Je vois 2 axes de résistance possibles :
Il nous reste l'espoir de la mobilisation, pour ma part je serai gréviste le 24, essentiellement à la rentrée au moment du débat à l'Assemblée Nationale et à la condition de retrouver un mouvement
du type décembre 1995 ;
L'espoir d'une alternative politique en 2012, dans un 1er temps il faut un rassemblement de l'ensemble des forces d'opposition à ce gouvernement et dans un 2ème temps agir pour reconquérir sur la
base des fondamentaux de notre République ;
C'est certainement sur ce dernier point que ça risque de se corser, car le moment venu il faudra bien mettre les pieds dans le plat et dénoncer le carcan de ces traités européens et l'Europe
néo-libérale de Bruxelles en conséquence revenir à la souveraineté populaire et nationale donc assumer une politique de rupture qui ne sera possible qu'en s'appuyant sur des référendums.
Le contexte de crise offrira peut être aux peuples européens une salutaire prise de conscience et il n'est pas exclu que quelques hommes politiques d'envergure ouvrent les yeux, souvenons-nous
entre autre du non de Fabius au TCE en 2005 qui à mon avis fut un élément déterminant,
Enfin en ce 18 juin ayons toujours à l'esprit le non de la Résistance et de l'espérance devant l'inéluctable !
Amicalement


Marc 17/06/2010 12:59


Les carottes comme vous dites sont cuites archi-cuites. En l'état, le mouvement social n'a aucune prise sur les décisions gouvernementales. C'est désespérant !

Comment faire ?


Mobilisation syndicale, mobilisation politique, mobilisation citoyenne qui convergent vers une même force, une même unité, une même volonté; C'est ce qui faudrait pour inverser, comme vous dites,
le rapport de force. En attendant et bien nos droits et nos acquis sont un peu plus écornés. Dur constat ! Dure réalité !

Bon courage pour votre démarche républicaine jacobine.

Bien amicalement.


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