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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 19:20

  La remise en cause de la souveraineté tant nationale qu'institutionnelle de la Grèce est constante depuis maintenant trois années. L'UE avance par un processus totalitaire qui après avoir réussi l'unicité économique (acte unique, marché unique), l'unicité monétaire (Traité de Maastricht, indépendance de la BCE, traité d'Amsterdam, monnaie unique euro) complète son processus par l'unicité budgétaire. Les États et les parlements sont privés de leur pouvoir de souverain et les parlementaires voient leur pouvoir de législateur de plus en plus remis en cause et limité d'une part, à la retranscription des directives et règlementations européennes et d'autre part au vote de la loi de finances cette dernière qui passera désormais dans le cadre du prochain traité sous le fourches Claudine de la Cour de Justice de l'Union Européenne.

 

  Le problème de la Grèce, c'est que ce pays a falsifié ses comptes, construit une structuration budgétaire et étatique sur du vent ou du papier à pâte à mâcher ! De plus, la Grèce est incapable de se réformer, de faire le saut qualitatif qui  la fasse rentrer dans l'ère des États-Nations "modernes" et structurés avec une efficacité régalienne, administrative, budgétaire et fiscale. Bref, que la Grèce en finisse avec la corruption, la fraude fiscale, le placement d'argent dans les paradis fiscaux, l'économie parallèle et souterraine et devienne un État-Nation !  

 

 Les multiples plans de redressement et tout particulièrement le dernier(*) adopté par le Parlement Grec, dimanche dans la soirée, sous la pression du processus totalitaire que sont l'Union Européenne et l'euro,  ne sont qu'austérité menés aveuglément et injustement et ne pourront qu'engendrer une inefficacité totale et aggraver les choses. Pourquoi le gouvernement Papademos comme celui de Papandréou est incapable d'instaurer un cadastre et donc de lever l'impôt foncier, de prélever une fiscalité sur les biens et les revenus de l’Église orthodoxe, de rapatrier l'argent dormant de la fraude fiscale, de mettre en contribution les armateurs, de définir une politique économique diversifiée et non bi-sectorielle (le tourisme + l'économie de l'olivier) ? 

 

  La Grèce paye à la fois ses fraudes, l'incurie et aussi les dérives d'une gestion déficiente et obsolète de son État, de ses finances publiques et de son économie.

 

  Les plans européens de soutien et de financement ne sont pas faits pour sauver la Grèce mais pour sauver l'euro et l'Union Européenne. La Chancelière Allemande, Angela Merkel, veut que le financement de la Grèce se fasse sous le signe et l'urgente nécessité de sauver et de maintenir coûte que coûte l'euro. Car si la Grèce faisait  faillite et bien c'est l'euro qui serait touché et risquerait de ne pas se relever. Cela l'Allemagne, ses industriels et ses fers de lance à l'exportation ne l'accepteront jamais. Les Allemands veulent bien aider la Grèce et donc payer à condition que l'euro (et donc les exportations et l'industrie manufacturière allemande) soit sauvegardé (es)  et pour que cela soit fait et bien la cure et la purge d'austérité frapperont la Grèce encore et toujours !

 

     Les « casseurs » sont les alliés objectifs des instigateurs de l'Union Européenne et de la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI). De plus, ces délinquants dénaturent totalement le mouvement populaire qui fait opposition aux plans d'ajustements et d'austérité.

 

   La Grèce ne peut pas se lancer dans une voie du défaut total vis à vis de ses créanciers notamment parce que une grande partie des retraites est financée par ses levées d'obligations et donc de financement et de remboursement. Dire qu'il faut que la Grèce fasse défaut sur toute sa dette est un pure folie, d'ailleurs la majorité des Grecs ne le réclament pas car ils en savent les graves conséquences et notamment pour trouver les financements de demain et surtout parce que 40% de leur retraites partiraient en fumée !

 

 

 La sortie de la Grèce de l'euro et aussi de l'Union Européenne devient inéluctable !  

 

  La seule issue réaliste et viable c'est que la Grèce sorte de l'UE et de l'euro et redevienne souveraine notamment sur sa monnaie, son budget. Cette autonomie, cette souveraineté qui ne seront pas conquises et préservées sans efforts durables, permettront de débloquer les choses sur le plan financier, budgétaire et aussi social. Le pouvoir retrouvé sur la monnaie, les finances, l'économie n'exonérera pas la Grèce et les Grecs de réformes en profondeur sur le plan de la structure étatique, de l'impôt, de la lutte contre la corruption et de la fraude et aussi entreprendre un changement économique qui permette diversification et modernisation. C'est à ce prix que la Grèce redeviendra souveraine et aussi de nouveau le pays berceau de la démocratie et de notre civilisation.

 

 

 

 

 Par Sonia Bastille, Fabien Darthé-Payan, Gilles Fabre et Martin S. Lévy. 

 

 

_______________________________

 

(*)

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2012/02/12/les-points-clef-du-plan-d-austerite-grec_1642357_1581613.html

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Darthé-Payan Le Jacobin - dans Actualités
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BA 21/02/2012 23:29


Mardi 21 février 2012 :


 


Après 110 milliards d’euros d’aide en mai 2010, voici donc le deuxième plan d’aide à la Grèce : 230 milliards d’euros.


 


Dans le détail : 117 milliards d’aide directe des Etats (via le FESF, qui va donc devoir lever cette somme sur les marchés…), 13 milliards d'aide du FMI (à confirmer), 100
milliards d’abandon de créance de la part des banques, des assurances et des fonds d’investissement. Soit 230 milliards au total, auxquels on pourrait rajouter 12 milliards d’intérêts que la BCE
abandonne.


 


Le montant des deux plans s’élève donc à 340 milliards d’euros, sans que la Grèce ne voit le bout du tunnel, au contraire. La volonté des dirigeants européens est toujours de
maintenir la Grèce dans la zone euro, ce qui est absurde tant chacun comprend que cela n’est pas viable économiquement.


 


On note cependant que ces 130 milliards d'aide seront déposés sur un compte dédié, c'est-à-dire dont l’activation ne pourra pas se faire sans l’accord de l’Europe. Ceci peut
préluder à une prochaine sortie de la Grèce de la zone euro : un compte alimenté par le FESF garantit la dette émise en euro, ce qui permettrait de sortir le pays sans effet de contagion… Ce sera
sans doute le troisième plan.


 


Philippe Herlin, chercheur en Finance, chargé de cours (Décisions financières, GFN 140) au Conservatoire National des Arts et Métiers.


 


http://ladettedelafrance.blogspot.com/2012/02/230-milliards-pour-gagner-du-temps.html

morel 20/02/2012 02:13


Mille et une choses militent pour le retour aux monnaies nationales. Je suis loin d'être un inconditionnel de M.Mélenchon mais n'a t-il pas raison, cette fois, en interpelant le PS à propos du
vote prochaîn sur le MES ?


Une réponse de votre part sur ce sujet me semble incontournable.


En toute fraternité républicaine. 

BA 17/02/2012 22:19


Anne-Laure Delatte, professeur d'économie à Rouen Business School, estime que la Grèce n'a plus vraiment le choix : elle doit se préparer au retour de sa monnaie nationale.


 


Challenges : La Grèce peut-elle rester dans la zone euro ?


 


Anne-Laure Delatte : Les Grecs ne vont pas avoir le choix. Pour le moment, la situation est absurde. Soit la Grèce reste sous perfusion de l'Europe et le chômage continue
d’augmenter, soit l'Union européenne la contraint à faire défaut dès le 20 mars prochain en refusant le versement des 130 milliards, du coup les investisseurs ne lui prêteront plus et c’est donc
la sortie forcée de l’euro. Les mesures actuelles sont très coûteuses socialement  : réduire le SMIC de 22 % à 500 euros ne pourra pas être supporté longtemps. Si la réduction de 22 % du
SMIC grec était appliquée à la France, notre SMIC passerait de 1.100 euros net à 880 euros. C’est intenable. Depuis 2009, le ralentissement de l’économie grecque atteint - 12 %, et on s’attend à
une récession de - 6 % en 2013. Aujourd’hui en Grèce, un jeune sur deux est au chômage. Le peuple ne peut pas supporter l’austérité pendant dix ans.


 


Une sortie de l’euro peut-elle être salutaire pour la Grèce ?


 


Conserver coûte que coûte l’euro entraînera nécessairement une augmentation du chômage. Or, il existe une solution moins coûteuse sur le plan social, celle de la dévaluation. Mais
pour dévaluer il faut avoir sa propre monnaie, ce qui achèverait d’exclure la Grèce des marchés financiers d’une part et qui risquerait aussi de faire sombrer le pays dans l’hyperinflation.
Pourtant, même le Fonds monétaire international a montré que l’austérité ne porte ses fruits que lorsqu'elle est accompagnée d’une dévaluation. C'est ce qui s'est passé en Finlande en
1992.


 


Le retour de la drachme n'appauvrirait-il pas les Grecs ?


 


A l’automne dernier, la banque japonaise Nomura a tenté d’évaluer ce que vaudrait la drachme aujourd’hui. Ce serait 60 % de ce qu'elle valait au moment de l’entrée dans la zone
euro. Ce qui compte, si la Grèce récupère son ancienne monnaie, c’est d’éviter l’hyperinflation et cela dépendra du gouvernement. Une solution pourrait consister à opérer une "drachmisation" de
l’économie c’est-à-dire à convertir l’ensemble des actifs en drachmes. Ensuite, il faut empêcher une sortie massive de l’argent du pays. Or, beaucoup de Grecs ont déjà anticipé la sortie de
l’euro. Depuis l’automne, ce ne sont pas moins de 40 milliards d’euros de capitaux qui sont sortis du pays pour être placés ailleurs, soit 17 % du PIB. Ces retraits ont bien entendu été effectués
pour mettre à l'abri cet argent de tout risque de dévaluation.


 


http://www.challenges.fr/monde/20120216.CHA3338/beaucoup-de-grecs-ont-deja-anticipe-la-sortie-de-l-euro.html?google_editors_picks=true


 

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