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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 14:45

Par Darthé-Payan

 

Les résultats des élections locales espagnoles(1) montrent que les manifestants ne sont que le haut des classes moyennes et la petite bourgeoisie urbaine ou péri-urbainne et qu'ils ne représentent rien électoralement ni même politiquement ! L'abstention n'a pas augmenté ! Le PSOE a pris sa veste comme annoncée. La droite "populaire" l'emporte clairement en gagnant quelques points. Les nationalistes (régionalistes) sont de retour avec  leurs pires penchants anti-état-nation espagnol. La Commission de Bruxelles en sera enchantée, elle, qui favorise l'Europe des régions et des communautés en vue du Grand Marché Transatlantique. La Gauche radicale (IU) progresse très légérement !  bref pas de révolution à l'horizon !

 

 

 

 

 

A l'avenir, chaque responsable politique doit faire preuve de réflexion et de mesure lorsqu'il y a un mouvement social ou populaire, ici ou là. Eviter de s'emporter sur des mouvements qui n'ont rien de révolutionnaire, ni d'enracinement populaire ! Annoncer, ici ou là, une révolution citoyenne qui aurait franchie la Méditerranée pour venir s'imposer en Espagne et demain franchir les Pyrénées pour conquérir la France est un peu léger et surtout basé sur rien de réel et d'actuel ni de possible dans un futur proche. La déconvenue risque d'être au bout de telles positions ou propos dits qui ne sont et ne seraient jamais vérifiés, validés par les faits, ni politiquement, ni électoralement, ni socialement !

 

 

 

 

 

 Le mouvement social en Espagne est un mouvement classes moyennes urbaines(2) (c'est de l'urbi et rien d'autre !) qui n'entraîne pas les classes populaires, les ouvriers, les paysans,et n'est annonciateur en rien d'une révolution.

 

 L'avertissement est clair ! Calmons-nous avec les grands mots et les slogans !

 

 Je pense que le militant politique  doit être optimiste mais aussi réaliste et concrètement partir du rapport de force et des possibilités de dégagement d'un débouché politique électoral, révolutionnaire à un mouvement social. En Espagne, il y a un mouvement social urbain fait par des classes moyennes et bourgeoises urbaines et péri-urbaines et qui est contre  les politiques d'austérité et de démantèlement des acquis sociaux, des services publics, une baisse des salaires, etc..., que mène le gouvernement socialiste Zapatero avec l'aval et le soutien de la Commission de Bruxelles avec le FMI prêt à administrer, si nécessaire, ses remèdes de cheval au cas où le malade ne pourrait pas être assez purgé.

 

 Le mouvement (ces classes moyennes et bourgeoises urbaines et péri-urbaines)  est contre cette politique d'austérité mais n'est nullement pour ou pro "révolution" ou pro ou pour "socialisme" ! La droite "Parti Populaire" a remporté cette élection largement !  Donc, point de révolution et de socialisme à l'horizon ! En Grèce, malgré les premiers effets désastreux de la cure d'austérité, les citoyens de ce pays donnèrent leurs voix au PASOK, le parti  au pouvoir qui administre cette cure d'austérité ! Les mouvemens sociaux en Grèce furent nombreux et encore ces jours-ci et pourtant c'est le maintien du la cure d'austérité social-libérale et européiste encore plus dure ! En Espagne, le peuple choisit  majoritairement la droite (libérale, et européiste) !

 

Il ne suffit pas de dire que c'est "Révolution" pour que cela soit  vrai et qu'elle soit en marche ! Pas plus en Espagne, qu'en Grèce ou qu'en France ! 

 

 Ne galvaudons pas le mot et l'idée de Révolution ! La Révolution comme effet de mode est tout sauf un processus politique, social, institutionnel, populaire réel et concret ! C'est un produit de mode ! Des centristes révolutionnaires cela existe et oui ! Annoncer comme le fait le Co-Président du PG, Jean-Luc Mélenchon, sur les plateaux Télé ou sur son blog, la Révolution citoyenne en Espagne, sans que cela soit étayé par des faits politiques, institutionnels, sociaux ou électoraux profonds et durables n'est que la  preuve de l'effet de mode à but électoral ou de la boite à slogans qui ne servent qu'à une posture que l'on veut se donner ! Les faits, ce dimanche, en Espagne ont démenti l'effet de mode et la boite à slogans ! La Révolution n'est pas à l'ordre du jour !

 

Les grands gagnants du scrutin local Espagnol sont la réaction européiste et fédéraste et la cure d'austérité !

 

 

Rappelons-nous que lors du mouvement contre la réforme des retraites certains politiques de la gauche radicale notamment du PG parlaient de révolution citoyenne en France ! Et bien, on a vu la suite : Les syndicats capituleront, Sarkozy fera passer sa réforme et le PS vainqueur aux cantonales !

 

Vous aves dit Révolution ? !

 

Salut et Fraternité.

 

D-P.

 

_________________________

 

(1)

http://www.elpais.com/global/

 

(1)

http://www.lexpress.fr/actualites/2/actualite/le-parti-au-pouvoir-sanctionne-dans-les-urnes-en-espagne_995472.html

(1)

http://www.rfi.fr/europe/20110522-elections-municipales-revers-precedent-le-parti-socialiste-espagnole


(2)

Ces catégories de la population qui ont été les grandes gagnantes de l'entrée de l'Espagne dans le Marché Commun en 1986 puis des effets d'aubaine des bulles spéculatives autour du marché de la construction et du grand bazar des services (location, complexes touristiquees, banques, etc...) qui débuta avec les Jeux Olympiques d'Eté de Barcelone en 1992  et bien, ses classes moyennes et bourgeoises se rebiffent !

 

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commentaires

morel 25/05/2011 01:34


Peut-être parce que je ne suis pas un militant politique, je ne suis pas optimiste, du moins dans le contexte actuel.
Jean-Luc Mélenchon depuis qu’il n’arrive plus à interpeller Besancenot, Cohn-Bendit, Duflot ou autres pour une alliance, va chercher, ici ou là, des révolutions mais - attention – citoyennes !
Ce fut le cas en Amérique latine, le soutien de ces dirigeants à Kadhafi les rendant moins respectables, il fallait mettre en exergue les révolutions d’Afrique du Nord. L’actualité, du moins celle
des journaux télévisés, se tarissant, l’Espagne est venue à point nommé.
Aucune méchanceté de ma part, mais ressentez vous, comme moi, sa dépendance relativement aux médias ? Pour ma part, j’aurais préféré une forme « d’addiction » au peuple français.
Bien d’accord avec vous pour ne pas galvauder le mot comme le fait de révolution, par contre, pourriez vous étayer « Le mouvement (ces classes moyennes et bourgeoises urbaines et péri-urbaines) » ?
Même si, à ce stade, il ne s’agit nullement d’un mouvement populaire.


Darthé-Payan 25/05/2011 18:06



@ Morel


"Peut-être parce que je ne suis pas un militant politique, je ne suis pas optimiste, du moins dans le contexte actuel."


Je ne sais pas... Je suis militant politique et je suis comme vous guère optimiste. Je sais que l'optimisme fait partie du militantisme mais, je pense qu'il doit raisonné. Je parlerai alors
d'optimiste raisonné batti sur des faits, de la dynamique, de l'espoir, de la force des idées qui rencontrent un écho favorable dans le plus grand nombre, un travail d'éducation populaire bien
mené peut décupler l'optimisme des dirigeants comme des militants. Je trouve que l'optimiste ou l'hyper optimisme que je rencontre chez les militants du PG sont que simples postures ou alors ces
militants ne savent pas ce que c'est concrètement le combat politique ! Si parce qu'ils sont convaincus de leur combat, de  leur programme (heureusement !) ils croient qu'il en est de même
des citoyens là ils se "foutent" le doigt dans l'oeil et bien profond ! Comment on peut-être optimiste à 4 % d'intention de vote et sans programme partagé (on l'attend toujours !) ? Alors on fait
dans le verbe et la posture et on saute sur tout et n'importe quoi ! L'exemple des "indignados" en Espagne et les tentatives de faire la même chose en France montrent cette dérive !


"Jean-Luc Mélenchon depuis qu’il n’arrive plus à interpeller Besancenot, Cohn-Bendit, Duflot ou autres pour une alliance, va chercher, ici ou là, des révolutions mais - attention – citoyennes
!
Ce fut le cas en Amérique latine, le soutien de ces dirigeants à Kadhafi les rendant moins respectables, il fallait mettre en exergue les révolutions d’Afrique du Nord. L’actualité, du moins
celle des journaux télévisés, se tarissant, l’Espagne est venue à point nommé."


Là vous pointez un vrai sujet et l'un des problèmes de JLM et de son parti. Lancer à brides abattues sur la route des "révolutions" JLM qui se rend compte que Chavez au delà de son action et un
dirigeant peu fiable sur le plan international comme d'ailleurs ses compères Moralès, Ortega et Correia. L'affaire de la Libye le démontre et vous le rappelez à juste titre. Les "révolutions"
arabes (qui pour ma part n'en sont pas !) ont permis au PG et au NPA de relancer leur idée de révolution en prenant appui ou modèle sur la "révolution" tunisienne ou Egyptienne. Sans l'analyser
concrètement et en profondeur. S'ils l'avaient fait et bien ils se seraient aperçus que le mouvement était typiquement classes moyennes et de refus de la corruption que pratiquait le clan
familial au pouvoir. Le cheminement depuis montre qu'il est plus que cahotique ! On sent revenir les forces de la réaction et du religieux ! De plus personne ne propose une rupture radicale avec
l'économie libérale et de libre échange bien au contraire !


Et puis depuis plus d'un an Mélenchon se Besancenotise ! Le républicain socialiste et jacobin qu'il était durant des années est passé à l'écologisme puis maintenant au pablisme ! La dérive
écolo-libertarienne est flagrante où va-t-elle s'arrêter ? à un "4%" à la présidentielle ?


"Bien d’accord avec vous pour ne pas galvauder le mot comme le fait de révolution, par contre, pourriez vous étayer « Le mouvement (ces classes moyennes et bourgeoises urbaines et
péri-urbaines) » ? Même si, à ce stade, il ne s’agit nullement d’un mouvement populaire." 


Ce mouvement que j'appelle populaire car il est fait par une partie du peuple fort modeste au demeurant mais vous avez tout à fait raison de dire qu'il ne s'agit pas de mouvement réelement
populaire. J'aurais dû dire un mouvement de classes moyennes et bourgeoises urbaines. Il est ultra minoritaires et représent que les villes et nous voyons beaucoup de jeunes certes dont certains
au chômage mais d'autres personnes issues des classes moyennes et petites bourgeoises des villes et des périphèries. La campagne espagnol est totalement absente et la classe ouvrière et
artisanale aussi ! Leur programme est tellement vague, polyvalent, superficiel qu'il pourrait être revendiqué si cela se passait en France aussi bien par la gauche que par la droite et de plus il
est européiste et très localiste !


Ce mouvement ne durrera pas et n'en aucune assise électorale, populaire, sociale, partagée ! Les élections ont montré que l'Espagne votait majoritairement à droite et régionalistes et parmi ces
derniers en Catalogue ce sont des ultra conservateurs et surtout tout ce beau monde est européiste !


Merci à vous pour votre visite et votre commentaire. Au plaisir de vous lire.


Salut et Fraternité.


D-P.


 



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