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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 19:19

Par Darthé-Payan

 

 

221 ans après l'abolition des privilèges - même s'il faudra attendre le 17 juillet 1793 sous la Convention Montagnarde que cette abolition devienne effective et étendue – de nombreux privilèges de classes, de castes, d'intérêts particuliers, de pouvoirs ou de pensée unique dominante font qu'une nouvelle révolution républicaine jacobine démocratique sociale est plus que jamais nécessaire afin d'abroger ces nouveaux privilèges qui nient la République, l'intérêt général, la solidarité et le partage et la redistribution des richesses.

 

Il est de l'urgence politique, civique et citoyenne de mettre en perspectives les ruptures avec le système capitaliste transnational, le libre et échange ou règne la concurrence libre et non faussée « Le renard libre dans le poulailler libre » et l'Europe libérale supranationale de la Commission de Bruxelles, de la BCE et du GMT. Il est de l'urgence politique, civique et citoyenne de mettre en perspectives les transformations des structures économiques (nationalisations, coopératives, services publics, ateliers nationaux,...) des rapports de production et du partage des richesses. Il est de l'urgence politique, civique et citoyenne de mettre en perspective la refondation républicaine, laîque et jacobine de la France par l'unité et l'indivisibilité de cette république ; par le retour à la pleine et entière souveraineté populaire notamment sur l'économie ; par une laïcité étendue, par l'égalité des droits et l'égalité des conditions.

 

En quelque mot bâtir la république sociale, laïque et jacobine. La république et le socialisme.

 

Je propose de compléter ma présente note par la publication de l'entretien de Michel Vovelle - Historien spécialiste de la Révolution -  au journal L'Humanité de ce mercredi 04 août, de publier une citation de Robespierre – tirée d'un petite anthologie « Discours et rapports à la Convention » - et pour finir j'intègre à ce billet les différents décrets sur l'abolition des privilèges.

 

Bonne lecture.

 

Salut et Fraternité.

Vive la révolution ! Vive la République ! Vive la France !

D - P.

 

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Entretien de Michel Vovelle dans l'Humanité du mercredi 04 Août 2010

Michel vovelle « Une nuit majeure dans la révolution de l’égalité »

Michel Vovelle est historien, spécialiste de la Révolution française. Directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française et président d’honneur de la Société des amis de l’Humanité, il analyse l’importance de la nuit du 4 août dans l’héritage français.

 

Comment, dans le contexte actuel, la nuit du 4 août résonne-t-elle à vos oreilles d’historien ?

 

Michel Vovelle. De façon assez paradoxale. Lorsque nous avons interrogé la mémoire collective des Français, à travers des sondages, lors du bicentenaire de la Révolution, la nuit du 4 août n’apparaît pas comme une référence vivace. C’est très injuste car cette date fondamentale inscrit une dimension plus importante que le geste symbolique de prise de la Bastille. Nous sommes au lendemain du 14 juillet, c’est-à-dire de l’entrée des masses populaires dans un mouvement révolutionnaire, de subversion de l’Ancien Régime monarchique, de l’abolition de l’arbitraire royal et de revendication de la liberté. La nuit du 4 août, c’est tout l’édifice institutionnel, social et en grande partie agraire qui se trouve abolit.

 

La révolution paysanne est déjà 
à l’œuvre avant le 14 juillet, avec 
le mouvement de la grande peur 
et la crainte des brigands qui dévastent, pillent et brûlent. Comment l’Assemblée nationale tiendra-t-elle compte de cette révolte de la France rurale majoritaire ?

 

Michel Vovelle. À Versailles, l’Assemblée nationale se demande quelle réaction adopter vis-à-vis de cette autre Révolution qui surgit des profondeurs. Ce mouvement est l’expression de la crise rurale. Michelet l’évoque grâce à une formule saisissante : « Le paysan français, voyez-le, couché sur son fumier, pauvre Job. » Il s’agit de la lecture de la Révolution comme révolution de la misère, essentiellement paysanne. En contrepoint, Jaurès explique qu’il s’agit plutôt d’une révolution de la prospérité, de cette bourgeoisie montante portée par le flux des profits ou de la rente. Qui a raison ? Sans doute, les deux. La paysannerie française n’est pas une paysannerie d’esclaves, ils sont déjà à demi-propriétaires mais supportent tout le poids de la féodalité. Des charges pèsent tantôt sur la personne, tantôt sur les terres. Le premier réflexe de la bourgeoisie patriote est celui de la réaction, du retour à l’ordre. La noblesse libérale des Lumières a le réflexe de considérer l’appui de cette révolution à la leur et à celle des masses parisiennes, et à la nécessité d’un compromis qui fera la substance de la nuit du 4 août.

 

Les historiens romantiques du XIXe siècle parlent de la nuit du miracle. Est-ce juste ?

 

Michel Vovelle. Il serait plus juste de parler de transaction, d’un changement d’une grande profondeur mais d’une générosité mesurée. Nous voyons apparaître l’égalité, notamment devant l’impôt ou à travers l’abolition de la vénalité des charges, des justices seigneuriales, du droit de chasse… La noblesse libérale propose également de détruire les privilèges du régime féodal en distinguant les privilèges sur la personne et les privilèges sur la terre. Sur la personne, il s’agit de l’abolition de toute forme de servitude, de cette charge de travail qui pesait sur les paysans, de celle qui pesait sur la transmission de leur héritage, de la mainmorte. Ces charges sur la personne sont supprimées sans contrepartie mais la distinction est faite avec les droits réels qui pèsent sur la terre et s’expriment en termes de redevance et du droit du seigneur de prélever sur les champs. Ces servitudes seront abolies mais déclarées « rachetables » : il faudra que les paysans payent ce qu’ils contesteront par la suite. Habile distinction qui permet d’arriver à ce « consensus » qui verra le clergé se joindre aux représentants du tiers état dans une grande séance d’effusion collective. Le miracle de la nuit du 4 août n’est pas seulement une hypocrisie, c’est un moment de rencontre. Avec la mise à bas de tout l’édifice de l’Ancien Régime, restent des arrière-pensées. Entre 1791 et 1792, les révoltes rurales seront extrêmement vives, en particulier dans les régions où le rachat des droits sera le plus lourd.

 

À droite, certains hommes politiques évoquent aujourd’hui un climat prérévolutionnaire. Qu’en pensez-vous ?

 

Michel Vovelle. Charles Pasqua disait déjà cela il y a vingt-cinq ans. La vieille et la nouvelle droite aiment jouer du spectre de la Révolution. La monarchie sarkozyenne pratique une politique d’attrape-tout symbolique : elle absorbe Jaurès, Guy Môquet et d’autres… Elle est néanmoins prudente dans ses références à la Révolution. Le président peut évoquer la chienlit de 1968, pour reprendre de Gaulle mais elle n’est prête à phagocyter l’héritage révolutionnaire que par ses aspects formels. C’est le magasin aux accessoires, et sont instrumentalisés le tricolore et la Marseillaise. Aller plus loin signifierait se heurter à l’essentiel de la subversion populaire. C’est ce qu’on évoque lorsque l’on parle d’atmosphère prérévolutionnaire. On ne va pas jusqu’à affronter la rupture révolutionnaire et encore moins les mesures de mobilisation populaire. Il y a là toute une manipulation verbale qui ne trompe personne. C’est en ce sens qu’il est utile de revenir à la véritable signification de la nuit du 4 août. Dans la France actuelle, où moins de 3 % de la population est paysanne, on pourrait penser que la nuit du 4 août ne nous dit plus rien. Il n’y a rien de plus faux ! Cette nuit nous parle de l’abolition de l’Ancien Régime social et institutionnel dans la voie des révolutions de l’égalité. Même si, pour l’heure, cette égalité profite en premier lieu à la bourgeoisie et, par retombées, à la paysannerie. Cela reste un pas majeur dans la Révolution française comme révolution de l’égalité.

 

Entretien réalisé par Lina Sankari

 

http://www.humanite.fr/03_08_2010-michel-vovelle-%C2%AB-une-nuit-majeure-dans-la-r%C3%A9volution-de-l%E2%80%99%C3%A9galit%C3%A9%C2%A0%C2%BB-451002


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ROBESPIERRE

 

"Dans tout pays où la nature fournit avec prodigalité aux besoins des hommes, la disette ne peut être imputée qu'aux vices de l'administration ou des lois elles-mêmes ; les mauvaises lois et la mauvaise administration ont leur source dans les faux principes et dans les mauvaises mœurs.

[...]

"J'ai vu un ministre impudent dont il n'était pas permis de soupçonner la vertu, exiger les adorations de la France en la ruinant, et du sein de ces criminelles intrigues, la tyrannie sortir armée de la loi martiale pour se baigner légalement dans le sang des citoyens affamés."

Discours_et_Rapports___la_Convention_de_RobespierreRobespierre,

"Sur les subsistances"

in Discours et rapports à la Convention

 

             

 Portrait of Robespierre, Maximilien François Marie Isidore de.

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Abolition du régime féodal

Nuit du 4-août 1789

L'Assemblée nationale s'étant formée le 17 juin 1789 et ayant déterminé sa mission d'établir un nouvel ordre constitutionnel et politique, est confortée par la première des grandes journées révolutionnaires, le 14 juillet 1789. Avant d'adopter les articles de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 20 au 26 août, puis d'entamer la délibération sur la constitution elle-même, les députés s'attaquent à la structure de la société féodale dans la nuit du 4 au 5 août. La destruction du régime féodal est ainsi décidée, mais ses effets font l'objet de textes ultérieurs. Seuls les droits seigneuriaux sont supprimés sans indemnité, tandis que les autres droits dérivant d'un contrat d'inféodation sont déclarés rachetables, ainsi que l'indique le décret relatif aux droits féodaux des 15-28 mars 1790. Le mode et le taux de rachat de ces droits sont précisés par le décret des 3-9 mai 1790, puis par celui des 3-31 juillet 1790, par celui des 13-20 avril 1791 et par l'instruction des 15-19 juin 1791. Le décret des 18 juin-6 juillet 1792 subordonne le rachat à la production par le seigneur du titre primitif d'inféodation. Dans ce cas, le mode de rachat est précisé par les décrets du 20 et du 25 août 1792. Enfin, la Convention prononce, le 17 juillet 1793, l'abolition de toutes les redevances féodales, et ordonne que les titres soient brûlés sous peine de cinq ans de fers.

Décret portant abolition du régime féodal, des justices seigneuriales, des dîmes, de la vénalité des offices, des privilèges, des annates, de la pluralité des bénéfices, etc.

Article 1.

L'Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal. Elle décrète que, dans les droits et devoirs, tant féodaux que censuels, ceux qui tiennent à la mainmorte réelle ou personnelle, et à la servitude personnelle, et ceux qui les représentent, sont abolis sans indemnité, et tous les autres sont déclarés rachetables, et que le prix et le mode du rachat seront fixés par l'Assemblée nationale. Ceux desdits droits qui ne sont point supprimés par ce décret, continueront néanmoins à être perçus jusqu'au remboursement.

Article 2.

Le droit exclusif des fuies et colombiers est aboli. Les pigeons seront enfermés aux époques fixées par les communautés ; et durant ce temps, ils seront regardés comme gibiers, et chacun aura le droit de les tuer sur son terrain.

Article 3.

Le droit exclusif de la chasse et des garennes ouvertes est pareillement aboli, et tout propriétaire a le droit de détruire et faire détruire, seulement sur ses possessions, toute espèce de gibier, sauf à se conformer aux lois de police qui pourront être faites relativement à la sûreté publique.
Toutes capitaineries, même royales, et toutes réserves de chasse, sous quelque dénomination que ce soit, sont pareillement abolies ; et il sera pourvu, par des moyens compatibles avec le respect dû aux propriétés et à la liberté, à la conservation des plaisirs personnels du roi.
M. le Président sera chargé de demander au Roi le rappel des galériens et des bannis pour simple fait de chasse, l'élargissement des prisonniers actuellement détenus, et l'abolition des procédures existant à cet égard.

Article 4.

Toutes les justices seigneuriales sont supprimées sans aucune indemnité ; et néanmoins, les officiers de ces justices continueront leurs fonctions jusqu'à ce qu'il ait été pourvu par l'assemblée nationale à l'établissement d'un nouvel ordre judiciaire.

Article 5.

Les dîmes de toute nature, et les redevances qui en tiennent lieu, sous quelque dénomination qu'elles soient connues et perçues, même par abonnement, possédées par les corps séculiers et réguliers, par les bénéficières, les fabriques, et tous gens de mainmorte, même par l'ordre de Malte, et autres ordres religieux et militaires, même celles qui auraient été abandonnées à des laïcs, en remplacement et pour option de portion congrue, sont abolies, sauf à aviser aux moyens de subvenir d'une autre manière à la dépense du culte divin, à l'entretien des ministères des autels, au soulagement des pauvres, aux réparations et reconstructions des églises et presbytères, et à tous les établissements, séminaires, écoles, collèges, hôpitaux, communautés et autres, à l'entretien desquels elles sont actuellement affectées. Et cependant jusqu'à ce qu'il y ait été pourvu, et que les anciens possesseurs soient entrés en jouissance de leur remplacement, l'Assemblée nationale ordonne que lesdites dîmes continueront d'être perçues suivant les lois et en la manière accoutumée. Quant aux autres dîmes, de quelque nature qu'elles soient, elles seront rachetables de la manière qui sera réglée par l'Assemblée ; et jusqu'au règlement à faire à ce sujet, l'Assemblée nationale ordonne que la perception en sera aussi continuée.

Article 6.

Toutes les rentes foncières perpétuelles, soit en nature, soit en argent, de quelque espèce qu'elles soient, quelle que soit leur origine, à quelques personnes qu'elles soient dues, gens de mainmorte, domaines apanagistes, ordre de Malte, seront rachetables ; les champarts de toute espèce, et sous toutes dénominations, le seront pareillement, au taux qui sera fixé par l'Assemblée. Défenses sont faites de plus à l'avenir créer aucune redevance non remboursable.

Article 7.

La vénalité des offices de judicature et de municipalité est supprimée dès cet instant. La justice sera rendue gratuitement. Et néanmoins, les officiers pourvus de ces offices, continueront d'exercer leurs fonctions, et d'en percevoir les émoluments, jusqu'à ce qu'il ait été pourvu par l'assemblée aux moyens de leur procurer leur remboursement.

Article 8.

Les droits casuels des curés de campagne sont supprimés, et cesseront d'être payés aussitôt qu'il aura été pourvu à l'augmentation des portions congrues et à la pension des vicaires ; et il sera fait un règlement pour fixer le sort des curés des villes.

Article 9.

Les privilèges pécuniaires personnels ou réels, en matière de subsides, sont abolis à jamais. La perception se fera sur tous les citoyens et sur tous les biens, de la même manière et dans la même forme ; et il va être avisé aux moyens d'effectuer le paiement proportionnel de toutes les contributions, même pour les six derniers mois de l'année d'impositions courantes.

Article 10.

Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuse aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, et dont le sacrifice est nécessaire à l'union intime de toutes les parties de l'empire, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d'habitants, soit pécuniaires, soit de tout autre nature, sont abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français.

Article 11.

Tous les citoyens, sans distinction de naissance, pourront être admis à tous les emplois et dignités ecclésiastiques, civils et militaires, et nulle profession utile n'emportera dérogeance.

Article 12.

A l'avenir il ne sera envoyé en cour de Rome, en la vice-légation d'Avignon, en la nonciature de Lucerne, aucuns deniers pour annates ou pour quelque autre cause que ce soit ; mais les diocésains s'adresseront à leurs évêques pour toutes les provisions de bénéfices et dispenses, lesquelles seront accordées gratuitement, nonobstant toutes réserves, expectatives et partages de mois ; toutes les églises de France devant jouir de la même liberté.

Article 13.

Les déports, droits de côte-morte, dépouilles, vacat, droits censaux, deniers de Saint-Pierre, et autres du même genre établis en faveur des évêques, archidiacres, archiprêtres, chapitres, curés primitifs, et tous autres, sous quelque nom que ce soit, sont abolis, sauf à pourvoir, ainsi qu'il appartiendra, à la dotation des archidiaconés et des archiprêtres qui ne seraient pas suffisamment dotés.

Article 14.

La pluralité des bénéfices n'aura plus lieu à l'avenir, lorsque les revenus du bénéfice ou des bénéfices dont on sera titulaire excéderont la somme de trois mille livres. Il ne sera pas permis non plus de posséder plusieurs pensions sur bénéfices, ou une pension et un bénéfice, si le produit des objets de ce genre que l'on possède déjà, excède la même somme de trois mille livres.

Article 15.

Sur le compte qui sera rendu à l'assemblée nationale de l'état des pensions, grâces et traitements, elle s'occupera, de concert avec le roi, de la suppression de ceux qui n'auraient pas été mérités, et de la réduction de ceux qui seraient excessifs, sauf à déterminer pour l'avenir une somme dont le roi pourra disposer pour cet objet.

Article 16.

L'assemblée nationale décrète qu'en mémoire des grandes et importantes délibérations qui viennent d'être prises pour le bonheur de la France, une médaille sera frappée, et qu'il sera chanté, en action de grâces, un Te Deum dans toutes les paroisses et églises du royaume.

Article 17.

L'assemblée nationale proclame solennellement le roi Louis XVI Restaurateur de la liberté française.

Article 18.

L'assemblée nationale se rendra en corps auprès du roi, pour présenter à Sa Majesté l'arrêté qu'elle vient de prendre, lui porter l'hommage de sa plus respectueuse reconnaissance, et la supplier de permettre que le Te Deum soit chanté dans sa chapelle, et d'y assister elle-même.

Article 19.

L'assemblée nationale s'occupera, immédiatement après la constitution, de la rédaction des lois nécessaires pour le développement des principes qu'elle a fixé par le présent arrêté, qui sera incessamment envoyé par MM. les députés dans toutes les provinces, avec le décret du 10 de ce mois, pour l'un et l'autre y être imprimés, publiés même au prône des paroisses, et affichés partout où besoin sera.
4, 6, 7, 8 et 11 août-3 novembre 1789.

Décret qui supprime sans indemnité toutes les redevances ci-devant seigneuriales et droits féodaux, même ceux conservés par le décret du 23 août 1792

Article 1.

Toutes redevances ci-devant seigneuriales, droits féodaux, censuels, fixes et casuels, même ceux conservés par le décret du 25 août dernier, sont supprimés sans indemnité.

Article 2.

Sont exceptées des dispositions de l'article précédent les rentes ou prestations purement foncières et non féodales.

Article 3.

Les procès civils et criminels intentés, soit sur le fonds, soit sur les arrérages des droits supprimés par l'article 1, sont éteints sans répétition de frais de la part d'aucune des parties.

Article 4.

Dans le cas ou tout ou partie des droits supprimés par l'article 1 aurait été mis en séquestre, soit volontairement, soit par ordonnance de justice, les objets séquestrés seront remis par les dépositaires à ceux qui les ont consignés.

Article 5.

Ceux qui se sont rendus adjudicataires de domaines nationaux dans lesquels seraient compris les droits supprimés par l'article 1, ne pourront réclamer aucune indemnité ; ils pourront néanmoins renoncer à leur adjudication, à la charge par eux d'en faire leur déclaration au directoire du district, dans le mois de la publication du présent décret.
En cas de renonciation, le directoire de district fera la liquidation des sommes payées par l'adjudicataire en principal et intérêts, et des fruits par lui perçus.

Article 6.

Les ci-devant seigneurs, les feudistes, commissaires à terrier, notaires ou tous autres dépositaires de titres constitutifs ou récognitifs de droits supprimés par le présent décret ou par les décrets antérieurs rendus par les assemblées précédentes, seront tenus de les déposer, dans les trois mois de la publication du présent décret, au greffe des municipalités des lieux. Ceux qui seront déposés avant le 10 août prochain seront brûlés ledit jour en présence du conseil général de la commune et des citoyens ; le surplus sera brûlé à l'expiration des trois mois.

Article 7.

Ceux qui seront convaincus d'avoir caché, soustrait ou recelé des minutes ou expéditions des actes qui doivent être brûlés, aux termes de l'article précédent, seront condamnés à cinq années de fers.

Article 8.

Sont compris dans les dispositions de l'article 6 : 1° les  jugements ou arrêts qui porteraient reconnaissance des droits supprimés par le présent décret, ou qui les renseigneraient ; 2° les registres qui contiennent la déclaration des droits de franc-fief précédemment supprimés ; 3° les titres des domaines nationaux qui sont déposés au secrétariat des districts.

Article 9.

Les receveurs ou préposés comptables déposeront, dans le mois de la publication du présent décret, les registres, cueillerets et pièces de comptabilité au secrétariat de leur district. Les comptes seront apurés dans les deux mois de la présentation ; et, aussitôt après l'apurement des comptes, cueillerets et pièces seront aussi brûlés publiquement, à la diligence du procureur-syndic du district.

Article 10.

Les plans et arpentages qui peuvent donner des renseignements sur les propriétés territoriales seront déposés au secrétariat du district de la situation des biens, pour y avoir recours au besoin.

Article 11.

Le décret du 25 août dernier continuera d'être exécuté en ce qui n'y est pas dérogé par le présent décret.

Article 12.

Le ministre de l'intérieur est chargé de faire parvenir directement aux municipalités le présent décret, et elles restent chargées de son exécution, sans l'intermédiaire des corps administratifs.
















Document présenté par Jean-Pierre Maury.

http://mjp.univ-perp.fr/france/1789nuit4aout.htm#1793

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commentaires

Partisan 06/08/2010 19:52


@ Darthé-Payan

Je suis comme vous au PG et je commence à comprendre que le PG et le Front de Gauche ne sont pas à la hauteur des enjeux d'aujourd'hui. Crise du capitalisme, crise des institutions républicaines,
crise des valeurs républicaines, crise culturelle, crise de l'éducation etc... Jean Luc Mélenchon, avec d'autres, a créé le PG pour d'une part faire autrement de la politique et d'autre part
engager un processus de rupture avec le capitalisme et de refondation républicaine.

Il est triste de voir que le PG est une coquille vide. Les adhérents, les militants actifs combien sont ils ? Fort peu sans aucun doute ! le parti existe parce qu'il y a Mélenchon et que
l'évolution de ce dernier fait abandonner les rares militants qui voudraient s'engager pour la république sociale. D'ailleurs au PG, on n'en parle même plus de la république sociale. C'est
stupéfiant comment ce parti en quelques mois à dilapider le potentiel d'espérance et de bonne volonté militante !

Sur le blog de Mélenchon, où j'appréciais vos commentaires corrosifs ou ardemment républicains, on n'y retrouve que des béni oui oui, des adorateurs et gardiens du temps PGistes comme ils
s'appellent maintenant. Le mot partisan est passé à la trappe. La mode idéologique écolo n'apporte rien ni sur le plan électoral, ni sur le plan attractif. Le parti est bourgeois et les
propositions ou le projet quand il y en a est tellement modéré qu'ils surprennent tellement que les diatribes verbales gauchistes sont employées par les cadres, les simples militants ou même le
président Mélenchon. Sur l'Europe, sur la crise, sur les questions relatives à la république rien ne différencie le PG du PS ou d'EE. Le PG est un parti recentré.

J'apprécie votre blog, sa belle tenue et le contenu de vos notes. Sur le site du PG, rien ne fait références au passé glorieux des révolutionnaires et des républicains de gauche. Rien sur la
révolution française, rien sur Jaurès, rien sur la Résistance... Par contre, l'écologie, les questions sociétales sont plus que présentes.

Le blog de Mélenchon est de plus en plus ensomeillé et il est fort dommage que les républicains, les jacobins sont écartés ou limités. Drôle de dérive pour ce blog ! Aujourd'hui c'est le point de
vue sur les auditorium sur la forme et sur le fond etc.. On dirait une boite de com qui demande à des clients potentiels leurs avis avant de lancer le produit. Et dire que Mélenchon était contre la
superficialité des choses de la pub ou de la com politiques. Là aussi quelle évolution et je ne parle même pas du fond...

Heureusement qu'il y a des blogs comme le vôtre, comme celui d'Alexis Corbière qui ne se sont pas vendu à la pensée dominante et à la priorité de la forme sur le fond.

Votre séquence qui mêle l'Histoire et la politique ainsi que l'actualité est tout fait exceptionnelle et remarquable. J'en apprécie beaucoup le contenu et aussi votre dévouement à l'idéal
républicain et jacobin.

Pourquoi la Gauche ne parle t-elle pas de la Révolution, des Jacobins, du mouvement républicain et socialiste ?

Heureusement qu'il y a l'Humanité qui dans cette dernière page, en dressant le portrait de grands résistants, fait acte de pédagogie, d'éducation populaire et civique.

Continuer brave Darthé-Payan a publié, à combattre, à proposer, à débattre et aussi à nous montrer qu'il y a une autre voix à gauche que cette gauche - que vous appelez libertaire - qui pollue le
PG et qui impose sa pensée unique.

Salut à vous et encore merci pour votre travail, votre courage et pour la qualité de votre blog.


Sonia Bastille 05/08/2010 13:06


@ Citoyen Darthé-Payan

Merci pour ton nouveau billet qui montre que les combats de 1789 sont loin d'être terminés. La Grande Révolution Française est loin d'être achevée et à c'est à nous les Républicains Jacobins de la
poursuivre pour l'émancipation de la personne humaine pour la souveraineté et la citoyenneté ainsi que l'égalité des droits. L'abolition des privilèges doit être pour tout républicain, une urgence
politique et aussi le moyen de faire de nos concitoyens des frères et des égaux.

Je partage totalement le point de vue de Jean-Jacques et comme lui j'attends avec impatience tes prochaines notes.

Bien fraternellement à toi.
Sonia


Darthé-Payan 05/08/2010 22:01



@ Sonia Bastille


Salut fraternel


Oui, les combats de 1789 ne sont pas terminés. Les Jacobins ont mis en place les bases de la République sociale. La révolution française 1789-1793 doit être poursuivie, continuée et mener à son
terme vers cette république nouvelle permettant l'émancipation de la personne humaine pour la citoyenneté et la souveraineté. Nous devons continuer, approfondir la républque pour la faire sociale
et universelle. C'est ce que j'appelle la Révolution républicaine socialiste et jacobine.


Merci de ton fidèle soutien.


Salut fraternel et à très vite.


D-P.



jean-jacques 04/08/2010 21:44


Salut et Fraternité DP !
Merci ! encore une fois de ces rappels historiques, j'ai dans ma bibliothèque un ouvrage de Michel Vovelle "La Révolution Française 1789-1799" qui fait partie de mes livres de chevet, c'est un
historien que j'apprécie.
J'attends avec impatience ce que tu vas nous donner à lire, penser, réfléchir, avec le 10 août (insurrection et prise des Tuileries), le 26 août (DDH), le 4 septembre (IIIème République), le 20
septembre et la victoire de Valmy, les 21 et 22 septembre avec les décrets de la Covention qui abolissent la monarchie et proclament la 1ère République... que du bonheur en perspective !
Et des raisons d'espérer en puisant dans les grandes heures de notre Histoire, puissions-nous suivre l'exemple de nos anciens !
Ton blog est d'utilité publique ! le plus gros de notre travail consiste à sensibiliser autour de nous et dans nos partis de gauche respectifs les camarades, car nous vivons une drôle d'époque où
nos partis de gauche (à l'exception du MRC) n'assument pas et ne célèbrent que très peu le glorieux passé républicain, ignorance due au recul de l'enseignement de l'Histoire ? ou négligence
volontaire par soumission à l'idéal bobo-libertaire ?
Il est impératif que les partis de gauche se réapproprient les grandes dates et les symboles de notre Histoire républicaine.
Amicalement


Darthé-Payan 05/08/2010 21:45



@ Jean-Jacques


Salut à toi mon frère républicain


Oui, Vovelle est un grand historien et son travail est immense pour qu'à la fois les Etudiants mais aussi les citoyens appréhendent au mieux ce qu'est la Révolution Française 1789-1793.


Beaucoup de militant de gauche ignore ce que représente, ce qu'amène, ce que permet la grende Révolution Française. Beaucoup de militants du PG (au PS que j'ai fréquenté durant quelques années,
on sentait quand même un bagage idéologique, une source d'inspiration et des repères dans l'Histoire...) sont "ignorants" de ce qu'est la Révolution Française, le mouvement Jacobin (perçu comme
un mouvement nationaliste ou alors une dictature), je ne te parle même pas de Robespierre, de Saint-Just et autres montagnards jacobins. C'est grave pour un parti qui se réclame d'une forme
radicale de la transformation de l'ordre établi. Le mot république semble leur écorcher la gueule et je ne te parle même d'unité et d'indivisibilité, de loi commune (cf l'affaire du voile
intégral) etc...


Aujourd'hui sur le blog de JLM, il est question de souveraineté populaire. Fort bien ! Mais les amis du PG qui sont embourbés dans l'idéologie bien pensante libertarienne et écologiste vont ils y
comprendre les tenants et les aboutissants de la souveraineté populaire. Le peuple souverain, l'Etat-Nation et en corrolaire la question de l'Europe, de la monnaie, de l'Economie, de l'intérêt
général. La notion de souveraineté populaire - nous la devons aux plus démocrates et patriotes des Jacobins tels que furent, Robespierre, Saint-Just, Couthon, et tant d'autres et plus tard dans
la filiation républicaine et jacobine, ce furent Babeuf, puis Blanqui, puis Louis Blanc, Jules Ferry, Jean-Jaurès, Jean Moulin et encore tant d'autres qui mirent en avant la souveraineté du
peuple et la reconquête de la souveraineté nationale. La République, c'est cette belle construction politique et humaine qu'il faut préserver et approfondir, la faire aboutir sociale et
universelle comme le suggérait le grand Jaurès.


Je te remercie de tes encouragements et de ton soutien.


Salut fraternel à toi et au plaisir de te lire.


D-P.



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