Le projet de loi autorisant la ratification de la décision du Conseil européen
modifiant l'article 136 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne en ce qui concerne un mécanisme de stabilité pour les Etats membres dont la monnaie est l'euro(1) a
été adopté par l' Assemblée nationale par 256 voix pour et 44 contre dont 23 députés socialistes(2) . Le gros de la troupe s'abstenant (128 députés socialistes).
Le projet de loi autorisant la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité (MES) (1) a été également adopté à une large majorité de 261 pour et 44 contre dont 20 parlementaires socialistes (3) . La majorité (130 députés ) du groupe PS à l'Assemblée Nationale s'abstenant.
Ces deux votes ne sont que le reflet à la fois du rapport de force électorale dans cette enceinte parlementaire et d'un orientation européiste et fédéraliste plus ou moins
assumée. Concernant le PS, sa ligne européiste, quoiqu'il arrive, explique l'abstention majoritaire du groupe, bien qu'elle cache une certaine gêne, n'est pas plus surprenante
que cela ! Le PS français est partisan de la construction européenne depuis les prémices communautaires d'après guerre. C'est sous la Présidence de Guy Mollet que le Traité de
Rome est ratifié avec comme première étape, la suppression progressive des droits de douanes, des taxes aux importations et la constitution d'un marché de libre échange en vue
d'une unification économique et monétaire. Dès cette époque, des clivages et de graves divergences existent entre les différents partis de gauche sur les questions européennes. Le PS et
les radicaux de Gauche sont pro-européens alors que le PCF se situe dans une position de patriotisme nationale et ne goutte guère à l'aventure europenne. Certes, le
PCF a clairement muté en devenant partisan de l'UE et la monnaie unique mais se sitant toutefois dans une critique antilibérale du système européen. Lors des précédents
intégrations structurantes de ce qui deviendra l'UE, la SFIO de Guy Mollet, puis le PS d'Alain Savary, de François Mitterrand,..., Martine Aubry et de François Hollande ont
toujours été pour cette intégration et l'unicité. Donc rien n'est surprenant dans le vote abstentionniste des parlementaires PS qui n'est en fait, là, que pour ne pas dire formellement oui aux
projets de loi 4347(1) (révision de l'article 136 du TSFUE) et 4348(1) (Traité MES) ce qui en ces temps de campagne présidentielle serait une forme de soutien à Sarkozy et
ce dernier ne manquerait pas de l'exploiter.
Jean-Luc Mélenchon et le Front
de Gauche s'opposent aux politiques européennes tant institutionnelles qu'économiques ou financières, cela à juste titre et le Député européen et leader du Parti de
Gauche, représentant le FdG à la présidentielle se met fortement en avant depuis qu'il est candidat. Mais le leader du PG reste un européiste et un fédéraliste convaincu et affirmé,
doublé d'un internationaliste qui frise parfois les marges des absurdes positions anti-Etats-Nations que l'on trouve trop souvent à l'extrème gauche mais aussi et surtout chez les Ecologistes
d'EE-LV. Ce positionnement ambigü, clairement contradictoire, freine l'ascension du Candidat du Front de Gauche et limite sa démarche. De plus, nous savons qu'au delà des diatribes, des
petits phrases, des propos durs à l'égard des socialistes en général et du candidat François Hollande en particulier, le candidat Mélenchon, s'intégrera dans l'unité de la gauche servant la
victoire de François Hollande et des Socialistes tant à la Présidentielle qu'aux Législatives. En tous cas, ni le FdG, ni Jean-Luc Mélenchon ne sont prêt à franchir le Rubicon ou si vous
préférez sont prêts à mettre en perspectives la sortie de la France de l'Union Européenne et de la monnaie unique l'euro.
Le FDG s'oppose au MES mais reste européiste et veut changer l'UE de l'intérieur... Un peu comme quand Jean-Luc Mélenchon essayait de
changer le PS de l'intérieur avec le succès que l'on sait... La gauche républicaine et les Français devront-t-ils attendre 20 ans pour que Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche se
décide de mettre en perspectives la sortie de la France de l'Union Européenne et de l'euro (un peu comme le fît Jean-Luc Mélenchon après avoir milité à l'aile gauche du PS, à l'initiative de
divers courants internes (NES, GS, NM, TU, RAG,) qui espérent changer les choses de l'intérieur en vue d'une réorientation à gauche du PS. L'échec total fût au rendez-vous et
finit par convaincre et décider, Jean-Luc Mélenchon, de claquer la porte et de sortir du PS)?
Il est quand même cocasse de voir
Arnaud Montebourg, déjà initiateur du NPS au début des années 2000 de reprendre le flambeau en organisant un courant à l'aile "gauche" du PS portant le nom de "La Rose
et le Réséda" ! Le problème c'est que le Député de Saône et Loire abdiqua d'entrée en s'abstenant lors des deux votes relatifs à la loi permettant au Chef de l'Etat de ratifié le traité
MES.
Jean-Pierre Chevènement semble s'être perdu de vue surtout depuis son renoncement à la candidature. Ces atermoiements entre une ligne de force et de rupture en vue de la pleine reconquête de la souveraineté nationale et monétaire et une ligne d'alliances et d'intérêts électoraux et partisans partagés avec les Socialistes font que depuis quelques temps, le Président d'Honneur du Mouvement Républicain et Citoyen est inaudible et surtout est devenue une chance et une alternative de sursaut gâchées.
Nicolas Dupont-Aignan, l'un des derniers républicains gaullistes actuels, est le seul cohérent et à mettre en perspectives la sortie de notre pays de l'Union Européenne et de l'euro. Le candidat de « Debout la République » propose des solutions permettant à la France, notre patrie républicaine, de reconquérir sa souveraineté pleine et entière et son indépendance. Son intervention, mardi soir, lors du débat parlementaire sur MES, pour justification de son vote lors du débat sur les projets de loi montre que ce candidat a conscience que notre pays a besoin de Sursaut républicain de Salut public qui passe par la reconquête souveraine de sa monnaie, de son économie, de son système bancaire, de ses finances publiques dans l'unique objectif de servir l'économie productive et la solidarité nationale.
Notre pays, la France, notre patrie républicaine, va de nouveau perdre un nouveau pan de sa souveraineté, de sa liberté, de son indépendance. Une fois de plus sans que les citoyens soit concrètement et clairement informés et consultés. Le Traité MES, accord intergouvernemental extra-communautaire(4) n'entraîne en l'état aucune révision constitution et transferts de souveraineté ni de nulité au regard de notre constitution et du bloc de constitutionnalité. Par contre le futur traité TSCG-UEM nécessitera une révision constitutionnelle et un transfert de souveraineté partielle sur le plan budgétaire mais claire sur le plan du contrôle et de la légalité budgétaire même si le parlement aura toujours son mot à dire sur le budget de la Nation.
Le MES est adopté mais la MES(se) est dite depuis longtemps et notamment depuis la ratification de quatre éléments clés du processus
d'intégration et d'unicité européennes : Le traité de Rome, le marché unique, le traité de Maastricht, l'entrée en vigueur de l'euro comme monnaie unique. Le MES et le traité TSCG-UEM ne sont que
les énièmes phases d'intégration et d'unicité européenne qui constitue ce processus totalitaire, né voilà plus d'un demi-siècle et qui s'achèvera le 1er janvier 2015 sous les cieux du Grand
Marché Transatlantique. Ce processus qui n'est autre qu'un fossoyeur de la souveraineté des Etats-Nations et des économies productives.
Le seul sursaut républicain de Salut public qui vaille pour notre pays, c'est de reconquérir sa souveraineté nationale, monétaire, économique, financière et budgétaire en sortant de l'Union Européenne et de la monnaie unique euro. Puis, de se désendetter et d'engager la reconstitution de son capital industriel et de le protéger. Voilà la(les) révolution(s) à accomplir !
Salut et Fraternité.
Fabien Darthé-Payan
____________________________
(1)
http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r4347.asp
(2)
http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0860.asp
(3)
http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0861.asp
(4)
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